Henri LEHMANN (1814-1882)

Vendu

Étude d’apôtre, 1843
Huile sur toile marouflée sur toile
35,5 × 27,4 cm
Signé du monogramme et daté en bas à droite hl/1843
Sur le châssis, marque de toile haro Fils Succr
Au revers de l’ancien cadre, étiquette manuscrite 46
Provenance : vente après décès de l’artiste, Catalogue des œuvres de Hi Lehmann
[Me Escribe et Me Chevallier], Paris, hôtel Drouot, 2 et 3 mars 1883, no 46 :
« Étude d’Apôtre. /H. 0m,27. L., 0m,35 [sic] »
Publication : Marie-Madeleine Aubrun, Henri Lehmann. Catalogue raisonné de
l’œuvre, Nantes, S. Chiffoleau, 1984, vol. 1, p. 181, no 675


Henri Lehmann débute sa formation artistique en Allemagne auprès de son père Léo Lehmann, avant d’entrer dans l’atelier d’Ingres en 1831 à Paris. En raison de sa nationalité étrangère, Lehmann ne peut concourir au prix de Rome et part à ses frais rejoindre son maître, alors directeur de l’Académie de France à Rome, en 1838. En Italie, où il passe quatre années, il peut retrouver plusieurs de ses amis de l’atelier tels que les frères Flandrin ou Michel Dumas. Revenu à Paris en février 1842, il entame une carrière officielle couronnée de succès et réalise les décors religieux de la chapelle du Saint-Esprit dans l’église Saint-Merri à Paris. Trois de ses anciens compagnons d’atelier, Sébastien Cornu, Théodore Chassériau et Amaury-Duval, se voient également confier d’autres chapelles du déambulatoire.

Pour cette commande, Henri Lehmann conçoit deux peintures murales se faisant face. Divisée en quatre compositions, l’œuvre intègre un grand nombre de figures masculines et féminines pour lesquelles l’artiste réalise une multitude d’études dans son atelier. Une petite toile, datée de 1843 et représentant une tête d’homme, semble pouvoir être rapprochée de cet ensemble. Le modèle, aux cheveux longs et à la barbe claire, nous regarde intensément, presque menaçant. Son visage, légèrement incliné vers l’avant, à demi plongé dans l’ombre, se détache sur un fond brun-vert. Si la pose n’est jamais reprise par Lehmann à l’identique, la physionomie particulière du modèle se retrouve dans différentes compositions peintes pour Saint-Merri. Le Christ du baptême, bien que glabre, reprend ces traits, de même que plusieurs figures secondaires. Trois ans plus tard, le même homme, dont l’intensité du regard est immédiatement reconnaissable, endosse le costume du personnage d’Hamlet sur une toile exposée par Lehmann au Salon de 1846.

Peintre d’histoire, mais également portraitiste renommé, Henri Lehmann répond aux nombreuses demandes privées tout en continuant d’accepter des commandes de décors pour des églises et différents bâtiments publics. Ces réalisations prestigieuses, visibles par tous, font sa notoriété et sa fortune. En 1866, plus de vingt ans après avoir achevé la chapelle du Saint-Esprit à Saint-Merri, le peintre est chargé de revenir dans l’église pour décorer le maître-autel. Lehmann, qui avait conservé son Étude d’apôtre, s’en inspire de nouveau pour peindre la tête de saint Jacques le Majeur dans un cadre quadrilobé sur fond or.

Défilement vers le haut