Eugène Ernest HILLEMACHER (1818-1887)
Un souper de bal masqué, vers 1849-1850
Huile sur panneau
41,5 × 54 cm
Signé en bas à droite E. Hillemacher
Au dos, cachet de cire non identifié
Exposition : Paris, Salon de 1850, no 1529 : Un souper de bal masqué
Né à Paris le 13 octobre 1818, Eugène Ernest Hillemacher grandit au sein d’une famille aisée sensible aux arts. Son père, poète amateur, lui transmet son goût pour la littérature tandis que son oncle maternel, Frédéric Théodore Faber, graveur, l’initie au dessin. À dix-neuf ans, Hillemacher s’inscrit à l’École des beaux-arts dans l’atelier de Léon Cogniet et se lie avec Félix Barrias, autre élève du maître. Tout en se préparant pour le prix de Rome, le jeune artiste envoie au Salon de 1840 sa première grande toile intitulée Cornélie mère des Gracques puis l’année suivante un Cuirassier au repos. En 1843, alors qu’il atteint l’étape finale de l’épreuve, sa composition sur le thème d’« Œdipe s’exilant de Thèbes » ne séduit pas le jury. Décidé à visiter l’Italie malgré cet échec, Hillemacher prend la route de Rome à ses frais pour un voyage de deux ans dans la péninsule. De retour à Paris, ses souvenirs romains lui inspirent les œuvres qu’il expose. Le jury lui octroie sa première récompense officielle, une médaille de seconde classe lors du Salon de 1848. À cette époque, la Seconde République vient de remplacer la monarchie de Juillet et Hillemacher, jeune trentenaire, commence à connaître une certaine notoriété en tant que portraitiste auprès de la bonne société parisienne.
Si, chaque année, de nombreux bals masqués ont lieu dans la capitale, au moment du carnaval, les plus célèbres restent ceux organisés par l’Opéra. En 1849, le programme de la salle Le Peletier annonce six bals masqués différents entre le 20 janvier et le jour du Mardi gras. Véritable événement populaire, le bal masqué de l’Opéra échappe à l’institution pour envahir les rues du centre-ville jusqu’au petit matin. Durant la nuit, les participants costumés se retrouvent pour festoyer dans les cafés et les restaurants. Hillemacher, pour le Salon de 1850, décide de représenter l’une de ces réunions nocturnes. Dans une grande salle aux lambris dorés, l’artiste regroupe une vingtaine de personnages autour d’une longue table nappée de blanc. Plongés dans une lumière rose orangé, les convives sont déguisés en Pierrot, en Italiennes, en Turcs ou en officiers de la garde. Au centre, une jeune femme aux cheveux longs se tient debout sur un banc et porte un costume masculin de la commedia dell’arte. L’œuvre d’un format réduit ne retient pas l’attention du public, mais inspire peut-être au peintre Thomas Couture le sujet de son célèbre Souper à la Maison d’or peint cinq ans plus tard et qui semble, dans un même lieu, nous présenter l’état d’ivresse des hôtes une fois toutes les bouteilles vidées.
Durant le Second Empire, Hillemacher s’impose comme un artiste académique de premier plan. Après avoir reçu la médaille de première classe aux Salons de 1861 et 1863, il est nommé chevalier de la Légion d’honneur en 1865.

