Paul BALZE (1815-1884)
Trois huiles sur cuivre insérées dans un cabinet allemand du
xviie siècle, 46 × 40 × 31 cm
Dans le couvercle : La Toilette de Vénus, vers 1850-1855
Huile sur cuivre, 18 × 26,5 cm, signé paul balze
Porte gauche : Vénus au bain, vers 1850-1855
Huile sur cuivre, 14,4 × 8,7 cm, signé en bas à droite p. balze
Porte droite : Jeune femme au puits, vers 1850-1855
Huile sur cuivre, 14,4 × 8,7 cm, signé en bas à gauche p. balze
Paul Balze et son frère cadet Raymond furent parmi les plus proches élèves d’Ingres. Paul naît à Rome en 1815 pendant que son père, ami du roi d’Espagne Charles IV, occupe le poste de grand chambellan. Ingres, ayant reçu le soutien de Balze père en Italie, fait bon accueil aux fils de ce dernier dans son atelier à Paris. Sur sa recommandation, Paul s’inscrit à l’École des beaux-arts en 1831 et Raymond l’année suivante. En 1835, l’aîné expose pour une première fois au Salon, avant de quitter la France avec son frère pour suivre Ingres, qui vient d’être nommé directeur de la Villa Médicis, à Rome. Durant leur séjour, les deux frères exécutent, à la demande de l’État, la copie des Loges puis des Stanze de Raphaël au Vatican. Ce travail titanesque occupe douze années de leur vie. De retour à Paris en 1847, Paul se met au service de son maître et l’assiste dans son atelier tout en développant un procédé de peinture sur pierre de lave émaillée récompensé par de multiples commandes officielles. Plusieurs de ses œuvres sont toujours en place dans la cour de l’École des beaux-arts à Paris ou sur des frontons d’églises à Paris et en province.
Depuis 1820, Ingres conservait une toile inachevée représentant un nu féminin portant une jarre. Débutée à Florence, celle-ci est encore à peine ébauchée lorsqu’au milieu des années 1850, il demande à Paul Balze, aidé d’Alexandre Desgoffe, de la terminer. Exposée en 1856, sous le titre de La Source, l’œuvre est aujourd’hui l’un des plus célèbres nus d’Ingres avec La Grande Odalisque. Durant cette période, Balze réalise un ensemble de trois huiles sur cuivre pour orner un cabinet allemand du xviie siècle. La plus grande, horizontale, placée dans le couvercle du cabinet, représente une toilette de Vénus. La déesse nue recoiffe sa longue chevelure blonde en se regardant dans un miroir que lui tendent deux amours. Elle est accompagnée, à gauche, par Cupidon qui s’appuie sur son arc et derrière elle par une pléiade de putti qui l’admirent. Au sol, un dernier angelot tresse une couronne de fleurs. L’œuvre évoque indubitablement La Vénus anadyomène commencée par Ingres en 1808 et achevée quarante ans plus tard. À la demande du maître, Paul Balze réalise en 1854 une copie en émail sur cuivre de cette dernière composition.

