Claude BONNEFOND (1796-1860)

Scène romantique, la Mort d’Élodie, vers 1830
Huile sur toile marouflée sur toile
24 × 31 cm
En bas à gauche, signature ou cachet de la signature C. Bonnefond


Fils de boulanger, Claude Bonnefond naît à Lyon en 1796. Très tôt orphelin de père, il est élevé par sa mère et son beau-père également boulanger. Après avoir grandi au milieu des sacs de farine, le jeune garçon entre en 1808 à l’école des beaux-arts installée au palais Saint-Pierre de Lyon. Alors qu’il n’a que douze ans, Bonnefond commence sa formation auprès de Pierre Révoil et montre un talent précoce pour le portrait qui lui vaut d’être récompensé dès l’année suivante par un prix en classe de figure. Ses études terminées, le jeune artiste commence à exposer ses œuvres à Lyon en 1814, puis à Paris en 1817. Après un bref passage dans l’atelier de Pierre Narcisse Guérin, il part pour l’Italie en 1824. Ce séjour de plus de six ans lui permet de faire évoluer son style vers plus de douceur sous l’influence de Léopold Robert et Jean Victor Schnetz dont il reprend certains thèmes. Depuis Rome, ses envois pour le Salon, à l’image de sa Jeune femme accablée par les fatigues du voyage exposée en 1827, lui offrent ses premiers succès publics. Sensible à l’émergence du mouvement romantique, sans s’y reconnaître pleinement, Bonnefond n’hésite pas à puiser dans la littérature de son temps pour trouver de nouveaux sujets.

Sur une petite toile, probablement réalisée à la charnière des années 1820 et 1830, Bonnefond représente un homme pleurant sur le corps d’une femme sans vie. Vêtu d’une cape, il est coiffé d’un turban et baisse la tête. Posée sur le sol, une lampe à la lumière rougeoyante accentue le caractère dramatique de la scène. Le décor, constitué de hautes montagnes et de ruines médiévales, est éclairé par le soleil se levant au-dessus d’un lac. Bonnefond s’inspire très probablement ici de l’une des scènes finales d’un roman paru en 1821 et ayant connu un immense succès : Le Solitaire de Charles Victor Prévost d’Arlincourt. Cette histoire d’amour entre un homme vivant reclus dans les montagnes suisses pour cacher son identité et Élodie, une jeune orpheline vivant dans un monastère sur les rives du lac de Morat, s’achève, comme bien souvent à l’époque, par la mort des protagonistes. On apprend, au fil du récit, que le Solitaire est en fait Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, considéré comme mort mais ayant réussi à fuir la bataille de Nancy en 1477. L’œuvre de Bonnefond, au-delà de la référence littéraire, montre l’influence sur son travail des peintres romantiques d’outre-Rhin, tels Caspar David Friedrich ou Carl Gustav Carus. Cette esquisse n’a, semble-t-il, jamais donné lieu à une toile de grand format.

À son retour en France en 1831, la ville de Lyon lui propose le poste de directeur de l’école des beaux-arts, suite au départ de Révoil. À la tête de l’institution durant une trentaine d’années, Bonnefond forme plusieurs générations d’artistes qui feront la renommée de la ville. En parallèle de ses fonctions administratives et pédagogiques, le peintre poursuit sa carrière avec succès en exposant régulièrement ses œuvres à Paris et à Lyon.

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