Eugène ISABEY (1803-1886)

Marine au soleil couchant, vers 1830-1835
Huile sur papier marouflé sur carton
15 × 23,8 cm

Vendu

orateur de l’Empire, Eugène naît et grandit au Louvre, où sa famille est installée, entouré des meilleurs artistes du temps. Cet environnement ne l’incite pas pour autant à suivre cette voie car le jeune homme développe très tôt une passion pour les bateaux et veut devenir marin. Eugène finit cependant par céder aux injonctions de son père et entame une carrière artistique. Fréquentant Delacroix, Bonington et les cénacles romantiques, il s’illustre comme l’un des meilleurs peintres de sa génération. Ses premiers désirs déçus trouvent un exutoire dans la peinture de marine. Dès 1820, il se rend en Normandie et découvre Étretat et Honfleur. Il y séjourne régulièrement, arpentant les côtes en compagnie de Camille Roqueplan et d’Auguste-Xavier Leprince à la recherche de sujets pour les toiles qu’il exposera lors de sa première participation au Salon de 1824. Trois ans plus tard, Eugène Isabey présente quatre toiles inspirées par les paysages normands : Vue de la plage d’Honfleur, Vue prise à Trouville, Intérieur du port de Trouville et Ouragan devant Dieppe connaissent un grand succès et lui valent une médaille d’or décernée par le jury. Nommé peintre officiel de la Marine en 1830, il part pour l’Afrique et découvre l’Algérie.

Durant ses nombreux voyages, Eugène Isabey pratique l’aquarelle, technique dans laquelle il excelle, le dessin, mais peint également sur le motif à l’huile sur papier pour retranscrire avec spontanéité les sites qu’il découvre. Probablement réalisée durant les années 1830, une peinture de petit format révèle toute la virtuosité de l’artiste. Depuis un rivage non identifié, Isabey, grâce à des coups de pinceau rapides, restitue parfaitement l’impression vécue de ce moment où le soleil descendant s’apprête à plonger dans la mer. L’astre, traité en lourds empâtements de blanc jauni, perce les nuages noirs et rougit la bande de ciel ouverte au-dessus de la ligne d’horizon. Sa lumière qui se reflète en un mince filet sur la surface gris argent des eaux vient toucher les premiers récifs sur la côte aux pieds du peintre. Là, les algues, l’écume, quelques pierres et bouts de bois flottants sont esquissés à la pointe du pinceau avec du brun, du bleu, du jaune et relevés de blanc. Cette œuvre peut être rapprochée d’une autre huile sur papier, Soleil couchant sur les côtes normandes, conservée au Metropolitan Museum of Art de New York. 

Artiste accompli et reconnu, Eugène Isabey reçoit volontiers dans son atelier parisien les paysagistes de la nouvelle génération, tel Eugène Boudin, auquel il prodigue de nombreux conseils. Qu’elles soient peintes ou dessinées, ses œuvres annoncent l’impressionnisme. L’apparente spontanéité de sa technique et la vivacité de ses tons ont influencé les peintres Claude Monet et Alfred Sisley. 

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