Henri Jean LEFORTIER (1819-1886)
Vue du mont Valérien depuis les environs de Sèvres, vers 1847
Huile sur papier marouflé sur toile
29 × 38 cm
Signé en bas à gauche Lefortier
Fils de pharmacien, Henri Jean Lefortier naît à Sèvres le 2 octobre 1819. Destiné par sa famille à une carrière juridique, il suit des cours de droit à la faculté de Paris tout en fréquentant, sur son temps libre, l’atelier du peintre paysagiste Charles Rémond. Chez ce dernier, le jeune artiste fait la connaissance de Camille Corot qu’il considérera tout au long de sa vie comme son véritable maître. Suivant son exemple, Lefortier arpente la région parisienne, matériel sous le bras, pour travailler sur le motif. Lors de sa première participation au Salon en 1847, il expose le résultat de l’une de ses pérégrinations sous le titre de Vue prise aux environs de Paris. L’œuvre, peinte sur une toile d’assez grandes dimensions, n’a pu être réalisée en plein air, mais plus probablement en atelier d’après l’une de ses huiles sur papier.
Une de ses études, d’un format modeste, représente un vaste paysage ponctué d’arbres et de quelques toits. Une colline au loin, surmontée d’un fort imposant, permet de localiser l’endroit. Visible à droite de la composition, le mont Valérien est immédiatement reconnaissable. Située à environ deux kilomètres à l’ouest de Paris, cette éminence, s’élevant à cent soixante mètres d’altitude, abrite une forteresse construite au début des années 1840 pour protéger la capitale. Sa position au sein de ce panorama nous permet d’identifier la vaste étendue au centre comme une partie du parc de Saint-Cloud et de situer le lieu choisi par l’artiste pour travailler aux environs de Sèvres. Fidèle aux enseignements de Corot, Lefortier juxtapose des touches d’ocre et de vert pour restituer le sol et la végétation du premier plan. La cime des cyprès, au centre de la composition, coupe la ligne d’horizon et relie le ciel à la terre.
Lors des éditions suivantes du Salon, l’artiste multiplie les envois dont les titres évoquent régulièrement des sites des environs de Paris. Après 1850, il s’éloigne régulièrement de la capitale pour se rendre en Normandie, en Sologne ou dans le Dauphiné. En 1861, l’un de ses paysages reçoit une mention honorable du jury. D’abord installé rue des Grands-Augustins dans le quartier Saint-Michel, Lefortier déménage à Orsay au début des années 1880. Sans jamais rechercher les honneurs, l’artiste continue de peindre et d’exposer jusqu’à sa mort en 1886. L’ensemble du contenu de son atelier est dispersé lors d’une vente organisée à Paris les 6 et 7 décembre 1894.

