Louis Bertin PARANT (1768-1851)

Vendu

Portrait du peintre Claude Lorrain (1600-1682), vers 1835
Peinture sur porcelaine
9,8 × 9,8 cm
Titré sur le côté claude–lorrain
Au verso, en incise dans la pâte Pâte relavé/29 – 8


Louis Bertin Parant est né à Mers-sur-Indre, près de Châteauroux, en 1768. De sa jeunesse et de sa formation nous ne savons rien, si ce n’est la mention dans certains dictionnaires du nom d’un certain Jean Leroi ou Leroy qui aurait été son maître. Louis Bertin Parant est déjà installé à Paris lorsqu’il se marie en 1793 avec Marie Geneviève Angélique Tard dont il aura deux enfants. À trente-deux ans, l’artiste fait ses débuts au Salon de 1800 en exposant « un cadre renfermant plusieurs camées ». Cet ensemble est alors remarqué par le peintre et critique Charles Paul Landon qui le commente : « Les camées de M. Parant, peints à l’imitation des agates et des sardoines, sont toujours un objet d’étonnement. Mais l’illusion que produisent ces ouvrages recherchés des amateurs n’en fait pas le seul mérite : elle est soutenue par un excellent goût de composition et de dessin. » Ses participations suivantes attirent l’attention de Dominique Vivant Denon qui recommande l’artiste auprès de Bonaparte, alors Premier consul, pour la réalisation de deux ornements de tabatières destinées à Cambacérès et Lebrun.

En 1806, Parant reçoit tous les honneurs pour son portrait de l’impératrice Joséphine et rencontre Alexandre Brongniart, l’administrateur de la manufacture de porcelaine de Sèvres. Dès lors, l’artiste entame une collaboration avec la Manufacture qui durera jusqu’en 1841. Sa spécialité de peintre de camées en trompe-l’œil correspond parfaitement au goût néoclassique de l’époque et il multiplie les motifs pour des vases et des pièces de service dans l’esprit de l’antique sur lesquels ses portraits de profil apparaissent comme taillés dans l’agate. L’un d’eux, représentant le peintre Claude Lorrain, peint sur une petite plaque de porcelaine, se détache en camaïeu d’ocre et de blanc sur un fond imitant une brèche de marbre rouge. Cette œuvre est à rapprocher du portrait d’un autre peintre, Nicolas Poussin, ornant un vase cornet en porcelaine, sorti de Sèvres en 1835, destiné au roi Louis-Philippe pour son château de Saint-Cloud. Ces deux artistes du xviie siècle, considérés comme les principaux représentants du paysage classique à la française, auraient pu légitimement être associés dans un projet confié à Parant. Les archives de la manufacture de Sèvres mentionnent cependant que le vase illustré du profil de Poussin était complété initialement par un autre, aujourd’hui disparu, devant représenter Eustache Le Sueur.

Emblématiques de la production de porcelaine à Sèvres durant la première moitié du xixe siècle, les œuvres de Parant furent souvent pâlement imitées par d’autres artistes pour des ateliers secondaires. Les pièces les plus exceptionnelles de sa production sont aujourd’hui conservées dans les collections publiques et principalement à Sèvres au musée national de la Céramique.

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