Jean Léonard LUGARDON (1801-1884)

Vendu

Baigneuses dans la baie de Naples, vers 1830
Huile sur papier marouflé sur carton
24 × 43,7 cm
En bas à gauche, cachet de la succession de l’artiste (L.1486b)


Fils d’un horloger suisse, Jean Léonard Lugardon débute sa formation artistique à la Société des Arts de Genève. Encouragé par plusieurs prix académiques en 1819 et 1820, le jeune artiste décide de poursuivre son apprentissage à Paris et entre dans l’atelier d’Antoine Jean Gros où il se lie d’amitié avec Nicolas Toussaint Charlet. Après un bref passage en Suisse en 1823, Lugardon entame le traditionnel voyage en Italie et rencontre Ingres à Florence. Les conseils et encouragements que lui prodigue le maître de Montauban l’inciteront par la suite à se revendiquer comme son élève, sans avoir fréquenté directement son atelier. À Rome, Lugardon retrouve les frères Léopold et Aurèle Robert, deux artistes suisses installés en Italie, et travaille sur une toile qu’il destine au concours de peinture d’histoire nationale organisé à Genève en 1824. L’œuvre, illustrant la délivrance de Bonivard à Chillon par les troupes bernoises, lui permet de remporter le prix. Apprenant la mort de son père, l’artiste rentre en Suisse en 1826 et se marie avec la fille de l’imprimeur Jean-Jacques Paschoud. Cette année-là, il termine la première version de son Serment des Suisses sur le Grütli, d’abord exposé à Genève puis au Salon de Paris l’année suivante. Reprenant le chemin de l’Italie avec son épouse, il voit naître, à Rome, son fils Charles qui deviendra peintre à son tour.

Léonard Lugardon profite de ce second séjour italien pour parcourir la péninsule et peut se rendre jusqu’à Naples pour travailler sur le motif. Une huile sur papier témoigne de son activité dans la baie, près de Sorrente. Sur une feuille prise horizontalement, le peintre trace le profil d’un rocher massif qui occupe toute la partie droite de sa composition et ouvre le paysage à gauche sur la mer, le ciel et une île au loin. Traitée avec une palette réduite à des oppositions de bruns et de bleus, l’œuvre laisse largement apparaître le support en réserve. Se refusant à réaliser une simple étude de plein air, l’artiste intègre au centre, dans l’ombre des rochers, deux figures de baigneuses dénudées.

À la suite du décès prématuré de son épouse en 1830, Lugardon quitte l’Italie avec son fils et rentre à Genève. Là, il ouvre son atelier et reçoit des élèves, parmi lesquels Barthélemy Menn. Le succès remporté par son Guillaume Tell au Salon de 1835 attire l’attention du roi Louis-Philippe qui lui passe plusieurs commandes pour les galeries de Versailles. L’année suivante, il accepte le poste de directeur de l’école de peinture attachée à la Société des Arts de Genève. Ses œuvres, aux sujets célébrant souvent l’histoire nationale, font de Lugardon le chef de file de la peinture d’histoire en Suisse pendant l’époque romantique. Après avoir reçu tous les honneurs et participé avec succès aux salons de Paris, Genève, Berlin, Turin et Zurich, l’artiste voit sa santé décliner au milieu des années 1850. Dans l’incapacité de peindre, il occupe les dernières années de sa vie à diffuser son œuvre par le biais de la gravure avec l’aide de son fils.

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