Prosper BARBOT (1798-1878)

Vendu

Ponte di San Francesco, Subiaco, vers 1828
Huile sur papier marouflé sur toile
15,5 × 21,7 cm
Sur le châssis, une initiale manuscrite b
Provenance : petit ensemble d’œuvres de l’artiste, vendu comme anonyme
à Saint-Pair-sur-Mer en 2026


Originaire de la région nantaise, Prosper Barbot est un fils de fonctionnaire qui évolue dans un milieu aisé. Après une solide scolarité, il convainc son père de le laisser entamer une formation artistique chez l’architecte Achille Leclère à Paris puis de s’inscrire à l’École des beaux-arts en section d’architecture. À l’âge de vingt-deux ans, il prend la direction de l’Italie où il remplit ses carnets de plans et de croquis, reproduisant en bon architecte les édifices qu’il croise sur son chemin. De retour en France, il décide d’abandonner l’architecture et de rediriger sa formation vers l’atelier du paysagiste Étienne Watelet. Barbot se lie alors d’amitié avec Jules Coignet, un ancien élève de Jean Victor Bertin. En 1826, il reprend la route en direction du sud de la péninsule et visite Naples puis la Sicile où il retrouve les peintres français Corot, Bodinier et Turpin de Crissé. Mélomane, il affectionne les opéras de Rossini et fréquente la bonne société de l’époque en s’essayant à l’italien.

À la fin de ce second séjour, Prosper Barbot se rend à Subiaco. Plusieurs de ses études localisées et datées attestent de sa présence dans la région durant le mois de juillet 1828. En longeant l’Aniene, depuis Rome, l’artiste s’arrête au niveau du pont San Francesco avant de devoir le traverser. Sur une feuille de petit format, il esquisse rapidement l’ouvrage médiéval construit en 1358 sur ordre de l’abbé Ademaro. Ce pont de pierre, en dos d’âne sur une travée de trente-sept mètres, se termine par une tour de guet sur la rive opposée. Le point de vue unique, en contrebas, permet à Barbot de saisir l’ensemble du site niché dans les montagnes du Latium. Sur la droite, la massive silhouette de la Rocca Abbaziale domine le village ; au centre, le monastère du Sacro Speco s’accroche à la falaise et sur la gauche, la longue façade blanche de l’abbaye de Santa Scolastica émerge de la végétation. La touche rapide de l’artiste ainsi que quatre trous d’épingles aux angles témoignent d’un travail réalisé en plein air, directement face au motif.

À son retour d’Italie, Barbot fréquente régulièrement la forêt de Fontainebleau et entreprend de nombreux voyages en Bretagne, Normandie, Angleterre, Hollande et en Allemagne. À la fin des années 1830, il finit par s’installer à Angers et cesse après 1840 d’exposer au Salon. Entre 1844 et 1846, l’artiste embarque à destination du Proche-Orient et visite l’Égypte. Les musées d’Angers et de Nantes conservent un grand nombre de ses peintures et le musée du Louvre un important ensemble de dessins qui témoignent de ses différents voyages en Italie et dans le reste du monde.

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