Ary SCHEFFER (1795-1858)
Christ bénissant les enfants, 1843
Huile sur toile
36 × 28 cm
Signé et daté en bas à gauche Ary Scheffer/1843
Exposition : possiblement Berlin, Ausstellung der Königlichen Akademie
der Künste zu Berlin im Landesausstellungsgebäude [exposition de
l’Académie royale des arts de Berlin, au Palais des expositions], 1844,
no 897 : Christus, Die Kinder segnend [Le Christ bénissant les enfants]
Né à Dordrecht, Ary Scheffer grandit dans un foyer d’artistes ; son père est peintre et graveur, sa mère miniaturiste et ses frères, Henry et Arnold, deviendront respectivement peintre et critique d’art. Deux ans après la mort de son père, il s’installe en 1811 à Paris et entre dans l’atelier de Pierre Narcisse Guérin. Âgé de dix-sept ans, il expose pour la première fois au Salon de 1812. Le jeune artiste se fait rapidement connaître et attire sur lui l’attention du duc d’Orléans, futur roi Louis-Philippe, qui lui confie l’éducation artistique de ses enfants. Ses œuvres illustrent tour à tour de grands sujets historiques ou littéraires développés sur des toiles monumentales et des scènes de genre anecdotiques peintes dans des formats plus intimistes. À l’occasion du Salon de 1824, Ary Scheffer ne présente pas moins de quinze peintures dont une dizaine de petits et moyens formats aux thèmes sentimentalistes. Diffusées grâce à la lithographie, ses compositions deviennent très vite populaires.
Pendant le Salon de 1831, parmi les neuf peintures exposées par Scheffer, ses portraits de Faust et de Marguerite marquent plus particulièrement le public. Une autre toile intitulée Le Christ et les enfants suscite moins de commentaires. Mentionnée comme appartenant au prince Galitzine, l’œuvre, cintrée, représente Jésus, assis dans une clairière, entouré d’une vingtaine de figures dont presque la moitié sont des enfants. Le sujet illustre un passage bien connu de l’Évangile selon saint Marc : « Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent. » Scheffer reprend pour ce tableau une composition peinte en petit format cinq ans plus tôt et aujourd’hui conservée au musée de Dordrecht. Cette première version, non cintrée, montre le Christ couvert d’un drapé, détail qui disparaît dans l’œuvre de grand format. Comme à son habitude, le peintre réalise, au fil des ans, quelques répétitions de son sujet, dont une sous la forme d’esquisse qui correspond probablement à celle exposée à Berlin en 1844 et qui reprend la version de 1826. Cette toile, au traitement d’une grande légèreté proche de l’aquarelle, porte la date de 1843 et, selon certaines mentions anciennes, pourrait être celle qui aurait disparu lors de l’incendie du château de Neuilly en 1848.
Lors de l’exposition rétrospective organisée en mai 1859, quelques mois après la mort du peintre, la toile du Salon de 1831 est présentée au catalogue comme propriété de monsieur François Delessert. Longtemps non localisée, elle réapparaît lors d’une vente aux enchères à Senlis en décembre 1998.

