Louise Adéone JOUBERT, née DRÖLLING (1797-1834)
La Souris prise, vers 1827
Huile sur toile
32,5 × 24,8 cm
Au verso de la toile, marque Chatriot en usage entre 1826 et 1830 : a la
tete noire/Rue St Antoine No 46, à Paris/tient couleurs fines pour le/Tableau
la Miniature
Exposition : Paris, Salon de 1827, no 602 : La Souris prise
Provenance : collection de la duchesse de Berry ; vente Tableaux composant la
galerie Vendramini à Venise et appartenant à la Duchesse de Berry, Paris, hôtel Drouot,
19 avril 1865, lot 303
Publication : C. Barbin et C. Blumenfeld (dir.), Marie-Caroline, duchesse de Berry
(1798-1870) : Princesse rebelle, éditions Sans Égal, Domaine de Sceaux, 2026, p. 90
En cours d’acquisition
Née à Paris le 29 mai 1797, Louise Adéone Drölling est la fille de Martin Drölling (1752-1817), peintre de genre et portraitiste reconnu. Elle grandit en regardant son père et son frère aîné travailler dans l’atelier familial et pose pour eux tout au long de son enfance avant de débuter sa propre formation à l’âge de treize ans. Dans une lettre conservée à Angers, elle raconte : « Mon père conçut de bonne heure des espérances sur mes dispositions naturelles et s’appliqua de tous ses efforts à me donner le goût de la peinture et des Beaux-Arts. » En 1810, son frère, Michel Martin, remporte le concours du prix de Rome et part en Italie. Durant son absence, Louise Adéone poursuit son apprentissage auprès de son père jusqu’au décès de ce dernier en 1817. La jeune femme, qui n’a alors pas encore vingt ans, est profondément marquée par cette perte et pense abandonner la peinture. Elle se marie peu de temps après avec l’architecte Jean Nicolas Pagnierre de Montel. À la mort de son époux en 1821, elle s’installe chez son frère devenu un artiste établi depuis son retour d’Italie et se remet à travailler auprès de lui. Trois ans plus tard, elle expose au Salon de 1824 une scène d’intérieur dans le goût des œuvres paternelles, sous le nom de « Mme veuve Pagnierre née Drölling ». Remariée en 1826 avec Nicolas Roch Joubert, directeur de l’octroi de la ville de Paris, elle se prépare à participer une nouvelle fois au Salon.
Durant l’édition de 1827, Louise Adéone, devenue Madame Joubert, expose trois peintures : Une religieuse, Une marchande de balais allemande et La Souris prise. Cette troisième œuvre, peinte sur une toile de petit format, représente une jeune femme assise montrant à son chat une souris prise au piège. Habillée d’une robe bleue au col de dentelle, la figure est assise au centre d’une pièce faisant office de chambre, de cuisine et de salle à manger. Le traitement des différents éléments de la scène permet à l’artiste de montrer ses différents talents pour les figures, l’art de la nature morte et la peinture animalière. Le groupe central reprend en miroir le dessin d’une œuvre de même sujet peinte par le père de l’artiste en 1798 et aujourd’hui conservée au musée d’Orléans. Le personnage principal, plus juvénile que celui du modèle paternel, ressemble à Louise Adéone adolescente.
L’œuvre en possession de la duchesse de Berry dès 1831 réapparaît en 1865 dans le Catalogue des tableaux composant la galerie Vendramini à Venise et appartenant à la Duchesse de Berry : « Mme Joubert/303 — Femme à la Souris./Jeune femme montrant une souricière à son chat./Toile. Haut. 34 cent. ; larg. 26 cent. » Sous le nom de Joubert, Louise Adéone continue d’exposer des peintures aux salons de Paris et de Douai jusqu’en 1831. Elle décède trois ans plus tard à l’âge de trente-six ans. Aujourd’hui, ses œuvres, longtemps confondues avec celles de son père et de son frère, sont conservées dans des collections publiques en France, aux États-Unis et en Australie.

