Émile SIGNOL (1804-1892)

Portrait d’un jeune élégant, 1846
Huile sur toile
116,5 x 89,5 cm (sans cadre)
133 x 107 cm (encadré)
Signé en haut à gauche Emile. SIGNOL.
Signé et daté en bas à droite E. Signol 1846

Né à Paris en 1804, Émile Signol passe son enfance dans la petite boutique familiale du faubourg du Temple. Passionné dès son plus jeune âge par la littérature classique et les textes latins, il n’est pas soutenu dans ses choix scolaires par son père, humble commerçant, qui espère le voir prendre sa place derrière le comptoir. Sur son temps libre, Signol hante les rayonnages des bouquinistes où il peut admirer les vignettes d’illustrations qu’il s’amuse à copier. Se découvrant un talent certain pour le dessin, l’adolescent parvient avec l’aide de sa mère à convaincre son père de le placer en apprentissage chez un peintre sur porcelaine, puis d’accepter son entrée dans l’atelier du peintre Joseph Merry Blondel. Après dix-huit mois auprès de ce premier maître, Signol rejoint les élèves d’Antoine Jean Gros, l’un des artistes les plus réputés de l’époque. En 1820, le jeune artiste s’inscrit à l’École des Beaux-Arts où il remporte médailles et succès aux différents concours. À l’âge de vingt ans, il fait ses débuts au Salon en exposant son premier grand tableau : Joseph expliquant ses songes à ses frères. Après plusieurs participations et un second prix en 1829, Signol est lauréat du Prix de Rome en 1830.

Durant les deux décennies suivantes, l’artiste reçoit des commandes publiques prestigieuses et expose régulièrement au Salon. Absent des cimaises en 1846 et 1847, il participe de nouveau en 1848 en présentant son immense Prise de Jérusalem destinée à la salle des croisades du château de Versailles, ainsi que plusieurs portraits. L’un d’eux, exposé sous le numéro 4148, est titré comme c’était l’usage, avec la simple initiale du modèle et sa qualification : Docteur R. Il pourrait s’agir d’un grand portrait, peint deux ans plus tôt, montrant un jeune homme élégant d’une trentaine d’années. Les dimensions au registre (150 x 130 cm), devant inclure l’encadrement, ne semblent pas incompatibles avec cette hypothèse. Cadré à mi-cuisse, le modèle tient un livre dans une main et s’appuie de l’autre sur une table de travail où sont disposés plusieurs ouvrages sans titrage. La figure, au regard bleu perçant, se détache sur un fond divisé en deux parties, en haut grise sans motif et en bas peinte en trompe-l’œil de marbre brun. Signol, dans ce sobre portrait typique des années 1840, assume la double influence de Paul Delaroche et d’Ingres. Le titre de docteur au XIXe siècle était employé le plus souvent pour les représentants du corps médical et les membres de la magistrature.

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