Philippe François ROUSSEAU (1816-1887)
Le Lièvre et la Tortue, avant 1858
Huile sur panneau
32 × 24 cm
Signé dans le motif Ph. Rousseau
Provenance : possiblement Vente de 25 tableaux peints par M. Philippe
Rousseau [expert : Febvre], Paris, hôtel Drouot, 22 février 1858, no 16 :
« Le Lièvre et la tortue »
Fils d’un chanteur d’opéra, Philippe Rousseau entre à l’École des beaux-arts où il fréquente les cours du baron Gros avant d’entrer dans l’atelier du peintre paysagiste Jean Victor Bertin. L’influence de son premier maître est difficilement perceptible quand le jeune peintre débute au Salon en exposant majoritairement des paysages. Après 1844, sa prédilection pour l’art de la nature morte et la peinture animalière se lit dans les titres des toiles qu’il expose. Le peintre, porté par le retour en grâce du goût pour l’art du
xviiie siècle sous le Second Empire, reçoit un accueil très favorable et voit les commandes publiques comme privées rapidement affluer. Médaillé du Salon à deux reprises, il est de nouveau récompensé à l’Exposition universelle de 1855. Sa réputation établie, ses œuvres aux sujets souvent anecdotiques attirent une clientèle fortunée, dont les Rothschild et plusieurs membres de la famille impériale.
Philippe Rousseau trouve dans Les Fables de Jean de La Fontaine une source presque intarissable de scènes à illustrer, et ce dès 1845, année où il expose au Salon Le Rat de ville et le Rat des champs. Suivront Le Chat et le vieux Rat en 1846, puis Le Rat retiré du monde en 1852. D’autres œuvres de l’artiste, inspirées par La Fontaine, échappent aux listes des livrets du Salon. Une petite peinture sur panneau, illustrant la célèbre fable du Lièvre et la Tortue, entre dans cette catégorie. Ce thème est l’occasion pour l’artiste de quitter l’espace clos des cuisines et des celliers pour peindre un paysage. Au premier plan, la tortue vient d’atteindre un panneau, en forme de croix, marquant la fin de la course, alors que, descendant à toute vitesse d’une colline, le lièvre a d’ores et déjà perdu son pari. Le traitement du décor, dont les couleurs et la végétation évoquent la forêt de Fontainebleau, soulève la question d’une possible influence d’un homonyme du peintre, le paysagiste Théodore Rousseau, figure majeure de l’école de Barbizon.
Il existe au moins deux autres peintures de Rousseau sur ce même thème : la première dans un format horizontal, datée de 1857, et la seconde peinte dans un ovale faisant partie d’une série décorative de trois peintures vendues à Londres en 2012. Lors d’une vente volontaire organisée à l’hôtel Drouot en 1858, le peintre proposa vingt-cinq peintures. Le numéro 16 de cette vacation, titré Le Lièvre et la Tortue, pourrait correspondre à notre peinture ou à celle portant la date de 1857.
Jean de La Fontaine, Le Lièvre et la Tortue, 1668

