Louis Auguste LAPITO (1803-1874)

Vendu

Couvent des Capucins à Monterosso al Mare, province de La Spezia, 1842
Huile sur toile
49 × 68 cm
Signé et daté en bas à droite L. Lapito 1842


Louis Auguste Lapito, fils d’un charpentier installé à Joinville-le-Pont, intègre l’atelier du peintre Louis Étienne Watelet à l’âge de quinze ans puis rejoint celui de François Joseph Heim quelques années plus tard. Proche de Camille Corot, le jeune artiste fréquente très tôt la forêt de Fontainebleau et appartient au premier cercle des peintres qui préfigure ce qui sera nommé quelques années plus tard l’école de Barbizon. Entre 1820 et 1826, Lapito effectue de nombreux voyages en Allemagne, aux Pays-Bas, en Suisse et en Corse. Ses carnets et ses études sur le motif lui servent de modèles pour les toiles qu’il expose au Salon à partir de 1827.

Contrairement à ce que l’on peut lire souvent, il paraît peu probable que l’artiste ait découvert l’Italie avant la fin des années 1830, la première œuvre à sujet italien, exposée au Salon par Lapito, étant une Vue de Capri datée de 1839. À partir de ce moment, l’artiste présente annuellement des toiles représentant des paysages de la péninsule : Les Montagnes de la Cervara et le Lac de Nemi en 1840, puis à l’édition suivante du Salon une Vue prise aux environs d’Orbitello en Toscane, et une Vue prise au couvent de la Spezia (Piémont) en Ligurie. La Spezia, au sud de Gênes, va durablement inspirer Lapito qui exposera de nouveau une toile de même sujet pour le Salon de 1852. Plusieurs autres peintures, non exposées aux salons, représentent un lieu précis de la région : le couvent des Capucins de Monterosso al Mare, situé à quelques kilomètres de la ville principale de La Spezia. L’une d’elles, datée de 1842, montre le site perché au sommet de la colline de San Cristoforo dominant la mer des Cinque Terre. Fondé en 1619 par des moines capucins, le couvent, complété par l’église San Francesco, fut confisqué et saccagé lors des campagnes napoléoniennes au début du xixe siècle. Transformés en caserne puis en hôpital, les lieux furent rendus aux moines quelques années plus tard. Sur la toile d’Auguste Lapito, un haut campanile de style génois complète les bâtiments. Ce dernier, visible sur d’autres œuvres du peintre, a complètement disparu aujourd’hui sans que l’on puisse préciser la date ou les circonstances de sa destruction.

Par la suite, Louis Auguste Lapito poursuit sa carrière de peintre en exposant régulièrement au Salon jusqu’en 1870, date à laquelle l’État fait l’acquisition de plusieurs de ses paysages. À sa mort, son fonds d’atelier, légué à sa veuve, comporte de nombreuses œuvres de ses amis. Cet ensemble dispersé en 1884 témoigne des nombreux voyages réalisés par le peintre tout au long de sa vie, mais également de ses liens étroits avec Corot et Fleury, artistes, comme lui, fascinés par l’Italie.

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