Jean-Thomas THIBAULT (1757-1826)
Sentier à Fleury, 1813
Huile sur toile
21,5 × 16,3 cm
Annotation difficilement lisible sur le châssis à Fleury/1813/ J.T. Thibault
Né le 20 novembre 1757 à Montier-en-Der, Jean-Thomas Thibault, fils d’un menuisier, débute sa formation à l’école gratuite de dessin de Paris avant de remporter le concours de l’Académie d’architecture en 1778. La même année, il entre au service du prince de Conti sur le chantier de L’Isle-Adam comme dessinateur, puis intègre l’atelier d’Étienne Louis Boullée où il se lie d’amitié avec Jean Nicolas Louis Durand et Pierre Adrien Pâris. En 1788, âgé de trente et un ans, Thibault arrive à Rome où il retrouve Charles Percier et Pierre François Léonard Fontaine. Ce dernier racontera plus tard que Thibault pratiquait « alternativement, et toujours avec succès, la peinture et l’architecture ». Un certain nombre de dessins ou d’aquarelles, ainsi que quelques peintures, témoignent de l’activité de Thibault en Italie. Les événements révolutionnaires de 1789 contraignent l’artiste à demeurer à Rome jusqu’en 1792. Enfin libre de rentrer à Paris, il s’associe à l’architecte Durand tout en continuant de peindre, comme en atteste sa participation aux Salons de 1795 et 1796 avec plusieurs paysages. Sous l’Empire, comme de nombreux architectes, Jean-Thomas Thibault travaille pour le théâtre et l’opéra en concevant des décors. Il parvient à attirer l’attention de plusieurs membres de la famille impériale : Joséphine, Louis Bonaparte et Joachim Murat lui commandent des œuvres. Les œuvres de chevalet de Thibault sont rares. L’une d’elles, datée de 1813 au revers, représente un sentier bordé d’arbres. Sur sa toile de petit format, au dessin probablement tracé sur le motif, l’artiste a choisi de n’intégrer aucune figure. Les jeunes chênes, frêles, aux feuillages détaillés sont traités dans un camaïeu de verts et d’ocres et se découpent en dentelle sur un fond de ciel bleu clair sans nuages. Sur la gauche, au premier plan, un laurier aux fines feuilles étirées longe la bordure de la composition.
L’œuvre, dans sa simplicité, évoque les esquisses les plus intimes de Pierre Henri de Valenciennes et de Jean Victor Bertin, les deux grands réformateurs du paysage français au tournant des xviiie et xixe siècles. Sur le châssis, une mention précédant la date semble pouvoir se lire « à Fleury » et aurait pu permettre de préciser l’endroit où l’artiste s’est installé pour travailler. À cette époque, plusieurs lieux de la région parisienne peuvent être associés au nom de Fleury : l’actuelle ville de Fleury-Mérogis, au sud de la capitale, Fleury-en-Bière, près de la forêt de Fontainebleau ou encore Fontenay-le-Fleury, à proximité de Versailles. Malheureusement, aucun indice dans l’image ou dans la biographie du peintre ne permet de déterminer avec certitude quel Fleury l’a inspiré.
En 1819, à la mort de Pierre Henri de Valenciennes, Thibault reprend le poste de professeur de perspective à l’École des beaux-arts.

