Jean-Baptiste Édouard DETAILLE (1848-1912)

Vendu

Portrait d’homme à la pipe, 1868
Huile sur galet
5,5 × 5 cm
Signé, localisé et daté au revers edouard detaille/antibes./1868


Édouard Detaille grandit au sein d’une famille dont plusieurs membres ont fait carrière dans l’armée. Doué d’un talent précoce pour le dessin, il est soutenu dans cette voie par son père, collectionneur et artiste amateur proche d’Horace Vernet. Après des études de lettres au lycée Bonaparte, d’où il sort bachelier en 1865, Detaille envisage d’entrer à l’École des beaux-arts dans l’atelier d’Alexandre Cabanel. Sur les conseils de son père, le jeune homme se rend d’abord chez le peintre Meissonier, pour obtenir une lettre de recommandation. Le célèbre peintre de batailles, bien que n’ayant pas véritablement d’atelier, accepte de former le jeune Detaille aux côtés de son propre fils et de deux autres élèves, Lucien Gros et Maurice Courant, pour lui éviter selon ses mots « l’enseignement stérile » de l’École des beaux-arts.

Lors d’un voyage d’étude avec son maître à Lille et à Bruxelles durant l’automne 1866, Detaille découvre les peintres flamands, puis à la fin de l’année suivante, accompagne de nouveau Meissonier pour un séjour de travail au bord de la Méditerranée. Après avoir quitté Paris le 12 décembre 1867, professeur et élèves, auxquels s’ajoute le peintre espagnol Eduardo Zamacois, arrivent dans une villa du cap d’Antibes avec vue sur le golfe Juan. Les objectifs de ce voyage étant studieux, Detaille a pris avec lui un uniforme de cuirassier de la garde qui doit lui servir de modèle pour l’une de ses compositions. Au cours de l’hiver 1868, le jeune artiste travaille sur trois toiles différentes qu’il compte envoyer au Salon : Cuirassiers sur la route de Nice, Cuirassiers ferrant leurs chevaux et une Halte de tambours. Entre deux séances d’atelier, les élèves de Meissonier peuvent se rendre sur la plage pour profiter de l’air marin. Sur un galet rond et plat, ramassé lors d’une de ces sorties, Édouard Detaille s’est amusé à peindre le visage d’un homme barbu, pipe à la bouche et coiffé d’une capuche de moine, qui épouse la forme du caillou. L’œuvre, d’un grand réalisme malgré l’humilité du support, tient de la charge aimable et pourrait être le portrait de l’un de ses compagnons sans qu’il soit possible de déterminer lequel.

Dès son retour à Paris, l’artiste expose sa Halte de tambours au Salon de 1868. L’œuvre peinte quelques mois plus tôt à Antibes est achetée par la princesse Mathilde qui lui ouvre les portes de la bonne société parisienne. Rapidement, Édouard Detaille s’impose comme un rénovateur de la peinture militaire et reçoit de nombreuses commandes officielles sous la Troisième République. Ses toiles apparaissent comme des reconstitutions rigoureuses des événements militaires passés et présents, alimentées par des recherches en archives et l’étude de pièces et de costumes authentiques.

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