Henri LEHMANN (1814-1882)

Portrait d’Amélie Blerzy (1819-1901), 1850
Huile sur toile
61 × 50,5 cm
Signé du monogramme et daté hl 1850
Annoté au revers de la toile Amélie Blerzy/née Delisle/æ xxxi


Henri Lehmann, peintre d’origine allemande et ancien élève d’Ingres, est à Rome lorsqu’il rencontre le célèbre musicien Franz Liszt et l’écrivaine Marie d’Agoult durant leur voyage en Italie. Les trois personnalités se lient d’une profonde amitié qui conduira le peintre à réaliser leurs portraits : celui du pianiste, en 1839, puis celui de la femme de lettres en 1843. Ces deux toiles, admirées par tout Paris, feront de Lehmann l’un des portraitistes les plus recherchés de son époque. En 1847, le peintre est informé de l’arrêté officiel de sa naturalisation française alors qu’il travaille sur les décors monumentaux de la chapelle de l’Institut national des jeunes aveugles à Paris. Dans le courant de l’année 1849, cet énorme chantier presque achevé, Lehmann reçoit la visite dans son atelier de Madame Blerzy qui lui commande son portrait.

Amélie Blerzy, née Delisle, est l’épouse de Joseph Jules Blerzy, un agent de change et auteur dramatique dont les pièces connaîtront un certain succès sur les planches du Théâtre-Lyrique et de la Comédie-Française pendant les années 1860. Mariée depuis 1838, Amélie pose devant le peintre alors qu’elle a trente et un ans. Le buste de profil, les épaules dénudées, elle tourne la tête pour nous fixer de son regard clair. Coiffé à la mode du temps avec de longues mèches bouclées qui entourent son visage, le modèle inscrit dans un ovale se détache sur un fond vert sombre peint en aplat. L’œuvre doit correspondre au portrait exposé par Lehmann au Salon de 1850 sous le numéro 1937 et présenté sous le titre de Portrait de Mme… À l’époque, il est d’usage de ne pas indiquer l’identité des modèles dans le livret du Salon hormis pour les personnalités célèbres du temps, statut qu’Amélie Blerzy ne pouvait humblement pas revendiquer.

En 1884, Madame Blerzy a soixante-cinq ans lorsque le peintre Henri Gervex réalise également son portrait. Sur ce dernier, Amélie, veuve depuis dix ans, est en tenue de deuil. Représentée assise dans un intérieur bourgeois à moulures dorées, elle incline légèrement la tête sur la gauche en s’accoudant à une table d’appoint. Ce second portrait est aujourd’hui conservé dans les collections du musée Carnavalet à Paris, avec ceux de Liszt et Marie d’Agoult peints par Henri Lehmann.

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