Émile Charles Joseph LOUBON (1809-1863)

Vendu

Falaise, vers 1830-1832
Huile sur papier marouflé sur panneau
40,3 × 28,7 cm
Provenance : fonds d’atelier de l’artiste ; ancienne collection de Joseph
Ravaisou (1865-1925) ; collection particulière, Aix-en-Provence


Émile Loubon, originaire d’Aix-en-Provence, passe deux années en Italie aux côtés de son maître, François Marius Granet, pour parfaire son apprentissage de paysagiste en travaillant directement sur le motif. Les nombreuses études à l’huile sur papier qu’il rapporte de ce périple témoignent de sa rapide évolution et de ses progrès. Non destinées à être montrées au public, ces esquisses servaient d’aide-mémoire au peintre et de modèle pour des compositions plus ambitieuses. Cet ensemble, conservé par l’artiste tout au long de sa vie, fut transmis à ses descendants avant d’être peu à peu dispersé. À la fin du xixe siècle, une partie de ces études entra en possession d’un autre Aixois, le peintre Joseph Ravaisou.

L’une d’elles, représentant une falaise crayeuse, doit probablement dater du séjour de Loubon en Italie. Assis au pied d’une haute paroi de pierre, l’artiste saisit sa feuille de papier verticalement et trace l’élévation qui lui fait face sans parvenir à la contenir. Au sol, la végétation brunie par le soleil est plongée dans l’ombre des roches. Loubon découpe son sujet en de multiples facettes grises, bleues ou ocre et, en quelques touches de vert, insère les herbes et les mousses dans les interstices et les lézardes. Le cadrage tronqué laisse apparaître deux ouvertures sur un ciel sans nuages. Cette œuvre évoque, par son sujet et son traitement, une peinture de Corot réalisée quelques années plus tôt en Italie et conservée aujourd’hui à la Neue Pinakothek de Munich sous le titre Pic rocheux boisé. À cette époque, les deux hommes ne se sont jamais rencontrés.

De retour en France, Loubon gagne Paris en 1832 afin d’y poursuivre ses études artistiques. Dans la capitale, il se lie d’amitié avec les peintres Alexandre Decamps, Constant Troyon et surtout Camille Roqueplan. Dès 1833, il expose au Salon et reçoit une médaille neuf ans plus tard. En 1845, la ville de Marseille fait appel à lui pour prendre la succession d’Augustin Aubert à la direction de l’école de dessin. À ce poste, Loubon, très apprécié de ses élèves, réforme en profondeur l’institution et la modernise. Il crée le premier salon du Cercle des amis des arts où l’on peut voir des œuvres d’Eugène Delacroix et de Camille Corot, parmi quelque deux cents numéros. En 1849, le peintre visite l’Orient, puis continue de participer à différents salons. Son dévouement à l’école de Marseille l’éloigne d’une reconnaissance nationale, et Loubon s’éteint, auréolé d’une gloire principalement locale, en 1863.

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