Charles François JALABERT (1818-1901)

Vendu

Virgile, Horace et Varius chez Mécène, vers 1846
Huile sur toile
38 × 45,5 cm
Au verso, pochoir au centre de la toile 8/lachausse. /31/Rue de
Seine/paris 
Œuvre en rapport : Charles Jalabert, Virgile, Horace et Varius chez Mécène
[Salon de 1847, no 857], huile sur toile, Nîmes, musée des Beaux-Arts


Charles Jalabert commence par étudier à l’école de dessin de Nîmes, auprès du peintre Alexandre Colin, avant d’entrer dans l’atelier de Paul Delaroche en 1839 à Paris. Second ex aequo du prix de Rome en 1841, il échoue par trois fois au grand prix et finit par prendre la route de l’Italie à ses frais pour rejoindre son maître. À Rome, sur les conseils de Delaroche, Jalabert décide d’entreprendre la réalisation d’une œuvre de grandes dimensions. Le sujet de la composition, une réunion de poètes au siècle d’Auguste, semble être arrêté dès le début de l’année 1843.

Sur la toile, mesurant 2,32 par 2,90 mètres, l’artiste dessine Virgile lisant ses Géorgiques à son protecteur, Mécène, devant ses amis Horace et Varius. L’agencement des quatre figures évolue beaucoup au cours de trois longues années d’un travail intermittent, mais acharné. Jalabert, souvent malade, avance lentement et ne parvient pas à produire de petites œuvres annexes pour assurer financièrement son existence à Rome. La correspondance de l’artiste avec ses parents et avec son ami le peintre Jacques Luc Barbier-Walbonne témoigne de ses difficultés et de ses nombreuses hésitations. L’œuvre, encore inachevée lorsque Jalabert quitte l’Italie en août 1846, recevra la touche finale à Paris en janvier de l’année suivante. Virgile s’y tient debout sur la gauche, la main levée dans un geste de déclamation. Face à lui, Mécène, jambes croisées, l’écoute attentivement. Au second plan, Horace et Varius complètent la scène qui se développe dans un décor de palais antique sur fond de paysage méditerranéen. Librement inspirée du Virgile lisant l’Énéide, peint par Ingres en 1812, l’œuvre propose une vision harmonieuse de l’Antiquité, sans dramaturgie. Un ricordo, probablement peint par l’artiste sitôt le grand format achevé, reprend en petit format la composition dans son état définitif et sans aucune variation. Ce type de répétition en réduction pouvait avoir plusieurs usages : cadeau pour des amis ou souvenir conservé par l’artiste de ses œuvres les plus importantes.

Exposée au Salon de 1847, sous le titre de Virgile, Horace et Varius chez Mécène, l’œuvre annonce l’émergence du mouvement néo-grec au début de la décennie suivante. Durant le même Salon, Jean-Léon Gérôme, autre élève de Delaroche, marque les esprits avec ses Jeunes Grecs faisant battre des coqs. Saluée par quelques critiques, mais ignorée du public, la toile de Jalabert est acquise par l’État pour être exposée au musée du Luxembourg. Déposée en 1895 au musée des Beaux-Arts de Nîmes, l’œuvre y est toujours conservée.

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