Attribué à Édouard KRÜG (1829-1901)

Vendu

Jeune Italienne, vers 1870
Huile sur toile marouflée sur toile
62,5 × 50 cm
Signé en bas à droite d’un monogramme ek dans un cercle rouge


Une jeune Italienne, vêtue d’un costume traditionnel du sud de l’Italie, se tient assise devant nous, la tête légèrement inclinée et les paupières baissées. Longeant sa robe blanche et un tablier bleu, ses bras sortent du cadre pour s’appuyer sur ses jambes. L’adolescente occupe l’ensemble de la toile et se détache sur un fond sombre. Son jeune âge peut expliquer le choix de l’artiste de ne pas lui imposer une posture trop inconfortable le temps de sa séance de travail. Autour de Rome et de Naples, les habitants jeunes ou vieux étaient habitués à prendre la pose pour les peintres contre quelques pièces. Certains d’entre eux, aux physionomies marquées, étaient même devenus de véritables célébrités dont les traits se retrouvent sur les toiles de différents artistes arpentant l’Italie à la même période. Le portrait de cette jeune Italienne n’est pas signé, mais porte un monogramme « EK », peint en rouge dans un cercle, en bas à droite de la toile. Parmi les peintres aux initiales correspondantes, actifs entre 1850 et 1880, un au moins pourrait prétendre être l’auteur de ce tableau : Édouard Krüg. L’œuvre, par son synthétisme, évoque les figures de jeunes filles peintes cinquante ans plus tôt en Italie, par Léon Cogniet, le maître de Krüg. Le musée de Mâcon possède une toile de cet artiste, datée de 1879, représentant une Italienne plus âgée et de profil. Ces deux œuvres ont pu servir d’études pour des personnages dans l’une des compositions religieuses peintes par Krüg dans les églises de Mâcon et de sa région au cours des années 1870.

Né à Drubec le 3 juillet 1829, Édouard Krüg est le fils du maire de ce petit village du Calvados. Des origines de sa vocation ou de sa scolarité en Normandie nous ne savons rien jusqu’en 1856, date de son entrée tardive – à vingt-sept ans – dans l’atelier de Léon Cogniet à l’École des beaux-arts de Paris. L’artiste ne semble pas chercher à concourir au prix de Rome, ayant presque atteint la limite d’âge pour y participer, et débute sa carrière en exposant au Salon de 1861 un Portrait de Mme K… probablement celui de son épouse. Les années suivantes, Krüg expose alternativement des portraits et des œuvres aux sujets puisés dans la Bible, comme Le bon Samaritain en 1863, ou dans l’histoire nationale, comme Communion de Jeanne d’Arc dans sa prison en 1864. Après avoir exposé une Mise au tombeau au Salon de 1870, l’artiste disparaît des livrets jusqu’en 1876. Cette absence de six années pourrait s’expliquer par de possibles voyages au-delà des frontières et un passage par l’Italie.

Partageant sa vie entre son atelier du 11 boulevard de Clichy à Paris et sa Normandie natale, Édouard Krüg fonde en 1875 un musée d’art dans la ville de Beaumont-en-Auge (à quelques kilomètres de Drubec). À partir de 1876, il ouvre les portes de son atelier aux femmes et leur enseigne la peinture, aidé par son ami Jean Jacques Henner. Médaillé du Salon en 1880 puis lors de l’Exposition universelle de 1889, l’artiste décède à Paris en 1901. Quelques-unes de ses œuvres sont conservées dans les musées de Caen et de Mâcon.

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