André GIROUX (1801-1879)

Vendu

Vue de San Germano, Rocca Janula, vers 1827
Huile sur toile
29,5 × 40,5 cm
Sur le châssis, une étiquette manuscrite no 34/27 janvier 1904 et une
annotation San Germano. n. 34
Provenance : probablement vente du 27 janvier 1904, no 34 : « San Germano »
[catalogue de vente non retrouvé ou non édité]


Fils d’Alphonse Giroux, ancien élève de Jacques Louis David reconverti dans le commerce d’art, André Giroux étudie d’abord la peinture auprès de son père. En 1819, il débute au Salon avant d’y être médaillé en 1822. Vers l’âge de vingt ans, il intègre l’atelier de l’architecte Jean-Thomas Thibault, spécialiste de la perspective, et participe aux différents concours de l’École des beaux-arts. Par trois fois, il remporte le premier prix d’esquisse peinte en 1822, 1823 et 1824 avant d’être lauréat du grand prix de paysage historique de 1825. Fort de ce succès, il se rend à Rome où, pensionnaire de la Villa Médicis, il retrouve les peintres Théodore Caruelle d’Aligny, Léon Fleury, Édouard Bertin et Camille Corot. Ses œuvres et sa correspondance attestent sa présence dans les environs de Rome, à Subiaco, à Tivoli, puis à Naples en octobre 1826.

L’année suivante, sur la route du retour vers Rome, Giroux peut faire étape à Cassino, ville célèbre pour son abbaye juchée au sommet du Monte Cassino. Au début du

xixe siècle, le nom médiéval de la cité, San Germano, est encore d’usage comme le montre le titre choisi par Giroux pour localiser une toile représentant le site. Installé sur le bord de la route, à quelques centaines de mètres des premières habitations visibles entre les arbres au pied des montagnes, l’artiste trace le panorama dominé sur la gauche par le fort en ruine de Rocca Janula et s’ouvrant sur les plaines irriguées à droite. Fondée au xᵉ siècle pour protéger le monastère et le bourg, la tour quadrangulaire et massive de la Rocca Janula s’accroche au sommet d’un éperon rocheux. Giroux trouve ici un motif lui permettant de mêler les ocres lumineux qu’il affectionne aux verts de la végétation et à la teinte mauve des montagnes, typique de sa production italienne. Lors de son passage à Cassino, le peintre réalise une autre vue du site sous le même titre en se concentrant sur la ferme fortifiée, visible ici au loin sur la droite. Cette seconde peinture fut vendue sous le numéro 4 de la vente Giroux du 27 janvier 1904.

Si André Giroux est surtout présenté aujourd’hui comme l’un des pionniers de la photographie, il fut également l’un des tenants de la peinture de plein air, à la jonction entre académisme et modernité. Ses œuvres italiennes furent pourtant dispersées dans l’indifférence générale lors de la vente de sa collection et d’une partie de son fonds d’atelier à Drouot en juin 1970. Redécouverts depuis la fin des années 1980, ses paysages à l’huile, peints sur le motif en Italie, sont exposés dans les principaux musées internationaux aux côtés des œuvres de son ami Corot.

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