Bernard-Gabriel SEURRE (1795-1867)
Vénus entourée d’amours ailés reçoit les plaintes de Diane, 1821
Crayon et lavis d’encre sur papier
14,8 x 20 cm
Signé, daté et localisé en bas à droite G. Seurre Rome 1821
Bernard-Gabriel Seurre est un sculpteur français d’origine parisienne qui se forma à l’École des Beaux-Arts dans l’atelier de Pierre Cartellier. Lauréat du Prix de Rome en 1818 sur le sujet de Chélonis implorant la grâce de son époux Cléombrote, il put partir pour Rome comme pensionnaire de la Villa Médicis jusqu’en 1823. Durant leur séjour, les jeunes artistes devaient réaliser plusieurs œuvres qu’ils expédiaient à Paris et que l’on appelait les envois de Rome. Pour les sculpteurs, il s’agissait le plus souvent de modèles en plâtre.
En 1821, Seurre qui était depuis trois ans à la Villa, travailla sur un projet de bas-relief au sujet assez obscur. Vénus, assise sur une pierre et entourée par deux de ses fils, probablement Deimos le dieu de la terreur et Phobos celui de la peur, regarde s’éloigner Diane visiblement en colère. La déesse de la chasse, arc à la main, est accompagnée de son chien sur le modèle de la Diane chasseresse du Louvre. Les deux groupes sont séparés, dans ce projet au lavis d’encre, par un palmier. En 1820, le roi Louis XVIII commanda au peintre Merry-Joseph Blondel une série de peintures pour décorer la galerie de Diane au château de Fontainebleau. L’une de ces œuvres, qui propose une iconographie identique au dessin de Seurre, est décrite de la manière suivante : Vénus, entourée d’amours ailés, recevant les plaintes de Diane, à qui elle avait enlevé le cœur d’Adonis. Il est fort probable que Seurre, depuis Rome, fut informé des détails de cette commande car les peintures de Blondel ne furent réalisées qu’entre 1822 et 1824. Ce sujet rare aura donc inspiré le jeune sculpteur en quête d’inédit pour surprendre le jury de l’institut.
À son retour en France, Seurre, surnommé l’Aîné pour le différencier de son frère cadet Charles- Émile également sculpteur, reçut des commandes régulières de l’État. Celles qui lui apportèrent le plus grand prestige furent pour les décors de l’Arc de Triomphe, dont il fut chargé de réaliser l’un des bas-reliefs et deux des entablements entre 1833 et 1836.

