Henry Joseph Armand CAMBON (1819-1885)

Portrait de Jean Lucien Gustave Cambon (1835-1915), frère de l’artiste, vers 1845
Huile sur toile
46,2 × 38,2 cm
Au dos du cadre d’origine, une étiquette Portrait de Gustave cambon/
par Armand cambon, son frè/re. Réentoilé par muras/en 1873, ne portait qu’une
date : 1845. cambon travail/lait à l’atelier de dela-/roche depuis 1842 et avec/
ingres depuis 1843.
Provenance : famille de l’artiste ; descendance du modèle

En cours d’acquisition 


Armand Cambon, fils de notaire, naît à Montauban le 22 février 1819. Il étudie d’abord le droit dans sa région natale avant de s’inscrire à l’École des beaux-arts de Paris en 1839, dans l’atelier de Paul Delaroche. Lointain cousin de Jean Auguste Dominique Ingres, Montalbanais comme lui et directeur de la Villa Médicis depuis 1835, Cambon ne rencontre son parent qu’au retour de ce dernier à Paris, en 1841. L’année suivante, Ingres lui confie différents travaux qui l’accaparent et l’empêchent de mener à terme ses projets personnels. Après avoir échoué au concours du prix de Rome, il quitte l’École et rentre à Montauban en 1844. Durant ce séjour de plusieurs mois, Armand Cambon travaille sur ses premiers envois au Salon et réalise plusieurs portraits de commande, dont celui de Gustave Garrisson, futur maire de la ville.

Retrouvant sa famille, l’artiste profite de sa présence dans le Sud-Ouest pour exécuter les portraits de ses proches. Son jeune frère, Gustave, né le 9 mai 1835, accepte comme les autres de prendre la pose. Âgé d’une dizaine d’années, le garçonnet se tient droit face à nous dans un costume noir fermé par d’imposants boutons dorés. Représenté en buste, il se détache sur un fond de velours vert à motif d’arabesques tendu sur le mur. Le musée Ingres-Bourdelle conserve un portrait de fillette de même format, se détachant sur un fond identique. Après ses études, Gustave prendra la succession de son père en devenant notaire et conservera avec son frère des liens étroits.

De retour à Paris l’année suivante, Armand Cambon fait ses débuts au Salon de 1846 en exposant La Poésie de gloire et la Poésie d’amour. Quelques semaines après la révolution de 1848 et la proclamation de la Deuxième République, le peintre présente son Christ au Jardin des Oliviers sur les cimaises du Louvre puis participe au concours organisé par le nouveau gouvernement pour la création d’une allégorie de la République. À partir de 1854, Cambon est chargé d’organiser l’ouverture d’un musée à Montauban destiné à devenir le musée Ingres. Exécuteur testamentaire de son maître et premier directeur de l’établissement, il s’occupe d’inventorier et de classer les objets et les dessins composant le fonds des collections léguées par Ingres à sa ville natale après sa mort en 1867. Cambon occupera ce poste jusqu’à son décès en 1885. Certaines de ses œuvres et sa collection personnelle rejoindront le musée de Montauban, après la mort de son frère Gustave en 1915. Les héritiers de ce dernier, souhaitant probablement conserver son portrait d’enfance en souvenir, l’auront exclu du legs.

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