Alfred JOHANNOT (1800-1837)
Hagenbach interpellé par un prêtre, vers 1829
D’après Charles le Téméraire de Walter Scott (1771-1832)
Huile sur toile
27 × 21,5 cm
Exposition : probablement Salon de 1831, no 1124 : Un cadre contenant
plusieurs sujets tirés de Walter Scott
Œuvre en rapport : Jean-François Pourvoyeur d’après Alfred Johannot,
frontispice gravé pour les Œuvres complètes de Sir Walter Scott [Paris,
Charles Gosselin, tome lxxviii : « Charles le Téméraire ou Anne
de Geierstein, la fille du brouillard », 1829]
Walter Scott, écrivain d’origine écossaise, est souvent présenté comme l’inventeur du roman historique et l’un des principaux représentants de la littérature romantique. Juriste de formation, il commence par écrire des poèmes avant de connaître la gloire en 1814 avec la publication de son roman Waverley. Auteur prolifique, Walter Scott plonge le lecteur, avec ses histoires épiques, dans différentes époques. Celles-ci connaissent au fil des ans un succès grandissant dans toute l’Europe. Des œuvres, telles qu’Ivanhoé (1819) ou Quentin Durward (1823), sont traduites dans plusieurs langues et imprimées à des milliers d’exemplaires. La mode des années 1820 est aux ouvrages illustrés et les éditeurs anglais comme français font appel aux meilleurs artistes pour enrichir chaque volume de frontispices et de gravures. À Paris, les frères Johannot, Alfred et Tony, sont souvent sollicités pour fournir des modèles de vignettes.
En 1829, paraît chez Charles Gosselin, imprimeur parisien, le dernier-né des romans de Walter Scott, Charles le Téméraire. Le roman raconte l’opposition entre Charles, duc de Bourgogne, et les Confédérés suisses pendant les guerres de Bourgogne, à la fin du xve siècle. Au fil du récit, narré par deux Anglais en exil, le conflit mène lentement à la chute des États bourguignons et à la mort de Charles. Pour le frontispice de l’édition française du roman, Alfred Johannot réalise une toile de petit format illustrant un passage du treizième chapitre durant lequel un prêtre de Saint-Paul interpelle Archibald von Hagenbach, gouverneur tyrannique de la forteresse de Brisach, et son homme de main Kilian : « J’ai vu le méchant dans sa puissance fleurir comme le laurier, mais quand je suis revenu, il n’existait plus. » Gravée par Jean-François Pourvoyeur, l’image montre les trois protagonistes sur les remparts du château fort. En 1831, Johannot décide d’exposer au Salon plusieurs de ses esquisses préparatoires à des illustrations de Walter Scott dans un même encadrement. L’ensemble est salué par la critique qui relève la finesse d’exécution et la spiritualité de ces œuvres malgré leur format réduit.
Cadet d’une fratrie de trois garçons, Alfred Johannot naît en 1800 à Offenbach-sur-le-Main. Formé par son frère aîné Charles, il étudie la gravure et la peinture et devient l’un des plus célèbres illustrateurs de la période romantique. Il fait ses débuts au Salon de 1824 en exposant des gravures d’après Desenne, Devéria, Gérard et Scheffer avant de s’imposer, à partir de 1833, comme un peintre de premier plan aux côtés de son plus jeune frère Tony. Sa mort précoce le 7 décembre 1837 plonge ses proches dans la plus profonde tristesse et laisse à tous le sentiment d’un œuvre inachevé.

