Gustave COURTOIS (1852-1923)

Nature morte aux abats, vers 1875-1880
Huile sur papier marouflé sur carton
24,5 × 35,3 cm

La nature morte est un genre dans lequel Gustave Courtois ne semble pas s’être particulièrement illustré. Cependant, comme tous les artistes en quête d’un style personnel, il n’aura pas manqué de s’y essayer au moins une fois. Généralement, pour une première confrontation à ce type d’exercice, l’artiste dispose quelques fleurs dans un vase ou regroupe sur une table des objets divers dont les couleurs et les textures lui permettront de varier les effets avec une charge plus ou moins symbolique. Courtois a préféré porter son attention sur une masse informe et sanguinolente dans une assiette en terre grise. Ce choix n’a rien de vraiment surprenant tant cet entrelacs de boyaux mêlant du gris au brun avec des ponctuations de rouge et d’orange rappelle son goût pour la provocation et les scènes antiques les plus macabres. Malgré tout, l’artiste parvient à rendre cette gamelle d’abats séduisante dans sa trivialité. Montrer ce qui est rarement proposé au regard pour attirer l’attention sur une certaine forme de vérité crue est une démarche récurrente des artistes à travers le temps. Du Mangeur de fèves d’Anibal Carrache à l’Enterrement à Ornans d’un autre Franc-comtois, Gustave Courbet, les exemples sont nombreux.

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