Gustave COURTOIS (1852-1923)

Vendu

Le Huitième cercle des enfers, vers 1878
Huile sur toile marouflée sur carton 
39,5 × 31,5 cm
Daté en haut à droite Janv.187 [illisible]

Selon Robert Fernier, son biographe, Gustave Courtois montre très tôt un intérêt pour l’œuvre de Dante. Vers 1878, il travaille à un tableau ambitieux sur le thème de Dante et Virgile aux enfers. Parmi les toiles de jeunesse de l’artiste, une semble dériver de ses premières recherches pour la composition de l’impressionnant tableau qui sera exposé au Salon de 1880 : Dante et Virgile aux enfers ; cercle des traîtres à la Patrie… Deux figures, l’une jeune, vêtue de bleu et couronnée de fleurs et l’autre plus âgée et voûtée, se tiennent côte à côte dans un défilé aux parois blanchies. Près d’elles, un personnage simiesque fait face à un serpent qui l’hypnotise. À l’arrière-plan, une quatrième silhouette est aux prises avec un autre ophidien qui l’entoure pour l’étouffer. Même si Dante a ici tout d’une vieille diseuse de bonne aventure et que Virgile est plus féminin que dans l’iconographie traditionnelle, la présence des serpents correspond bien au huitième cercle de L’Enfer tel que décrit par l’auteur dans le chant XXV. À ce moment du récit, les deux visiteurs découvrent le sort réservé aux voleurs florentins. Si certains se font dévorer ou étouffer, d’autres se transforment lentement en reptile rampant. Les traits primitifs du supplicié dans l’esquisse résultent donc de sa métamorphose en cours. Courtois choisira finalement d’illustrer un passage du neuvième cercle. Pour représenter cette partie des enfers, décrite comme un monde glacé, l’artiste se rendit en Suisse pour peindre sur le motif, au plus près des glaciers alpins.

Défilement vers le haut