Gustave COURTOIS (1852-1923)

La Belle au bois dormant, vers 1875-1880
Huile sur papier
19 × 22,5 cm
Au verso : Esquisse pour un Saint Sébastien soigné par sainte Irène


D’une grande modernité plastique, cette esquisse de Courtois laisse découvrir lentement son sujet. Composé de taches de couleurs juxtaposées, l’ensemble dévoile une scène puisée dans les contes et légendes du temps passé. Sur un lit entouré de cierges, la silhouette blanche d’une femme repose inanimée. Les bras grands ouverts, un jeune homme penche la tête vers son visage pour l’embrasser. L’iconographie est semblable à celle souvent choisie par les artistes pour illustrer La Belle au bois dormant d’après le texte de Charles Perrault publié en 1697 puis repris en 1812 par les frères Grimm. Frappée par une malédiction à l’âge de quinze ans, la princesse est condamnée à dormir durant un siècle avant que le sort ne soit rompu par l’arrivée d’un jeune prince qui en l’embrassant la réveille. Au verso de cette étude, Gustave Courtois, dans un choix contrasté de couleur et de sujet, a esquissé la silhouette d’un saint Sébastien soigné par sainte Irène. Rapidement exécuté à l’huile sur papier, le sujet, probablement inspiré par une œuvre napolitaine du XVIIe siècle, montre le corps inerte du saint gisant dans l’obscurité brune qui l’entoure. Selon Jacques de Voragine, Sébastien, né à Narbonne au IIIsiècle, était centurion dans l’armée sous le règne de Dioclétien et Maximien. Chrétien, il subit les persécutions du pouvoir en place avant d’être condamné à être criblé de flèches (la tradition fait souvent de lui un archer). Ayant survécu miraculeusement grâce à l’intervention de sainte Irène et de sa servante, Sébastien une fois guéri serait retourné s’opposer aux deux empereurs qui, aussi surpris qu’excédés par son entêtement, le condamnèrent à mourir sous les coups de bâtons.

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