Gustave COURTOIS (1852-1923)

Évandre pleurant sur le corps de Pallas, vers 1875-1880
Huile sur toile marouflée sur carton
11,5 × 26 cm
Les esquisses, par leur spontanéité, séduisent l’amateur d’aujourd’hui, mais n’intègrent pas toujours l’ensemble des clefs iconographiques permettant de saisir les intentions de leur auteur. L’une de ces mystérieuses premières pensées représente deux personnages masculins, l’un jeune, étendu sur le sol, et l’autre plus âgé assis sur des marches. Le corps sans vie, habillé d’un simple morceau de toile autour de la taille, pourrait être celui de Pallas, et l’homme se penchant tristement sur lui, Évandre, son père. La lampe incandescente renversée sur la gauche et le second corps précisent la scène en la situant dans un contexte de combat antique. Le personnage de Pallas apparaît dans l’Énéide où Virgile le décrit comme un jeune et beau guerrier venu seconder Énée à son arrivée en Italie. Valeureux au combat, il est tué par Turnus qui le dépouille de son armure. Pallas est alors transporté par ses amis jusqu’aux pieds d’Évandre inconsolable. Courtois a également pu être influencé par la lecture du texte Sur le Deuil de Lucien de Samosate rédigé à la fin du deuxième siècle et qui, destiné à être joué sur scène, confronte sous forme de dialogue un fils mort et son père.
