Gustave COURTOIS (1852-1923)

Charon naviguant sur le Styx vers une âme échouée, vers 1875-1880
Huile sur toile marouflée sur carton
33 × 25 cm
Très tôt, Gustave Courtois s’intéresse au monde des enfers tel que décrit par les auteurs antiques ou par Dante dans sa Divine Comédie. Le personnage de Charon, mythique passeur entre les pays des vivants et des morts, apparaît tardivement dans la littérature grecque. Totalement absent chez Homère et Hésiode, il est mentionné par Aristophane dans sa comédie Les Grenouilles vers 405 avant notre ère, mais également par Platon, Eschyle, et Euripide. Les artistes grecs s’emparent eux aussi de cette figure de batelier incorruptible en le représentant sur les céramiques, debout sur sa barque naviguant sur le Styx ou l’Achéron. Figure récurrente de la poésie latine, il rencontre Hercule qui le frappe violemment pour passer, Orphée venu chercher Eurydice ou encore Psyché envoyée par Aphrodite porter un message à Perséphone, la reine des enfers. Chez Courtois, le vieil homme est chauve et porte une barbe blanche. Sur la barque qu’il fait naviguer vers le rivage il est accompagné d’une énigmatique figure couverte d’un voile blanc. Au premier plan, échoué sur une plage de sable gris ponctuée de rochers sombres, un corps d’homme est étendu sans vie. L’artiste a-t-il voulu simplement évoquer la figure de Charon venu ramasser une âme perdue ? Ou bien la référence précise ayant inspiré sa composition reste-t-elle hermétique en l’absence de titre ou autres mentions ?
