Gustave COURTOIS (1852-1923)

La Mort de Sénèque, vers 1876
Huile sur papier marouflé sur carton
24,6 × 32,5 cm


Au cours de ses années de jeunesse, Gustave Courtois fait preuve d’un intérêt certain pour les scènes dramatiques et même macabres : meurtres, combats, suicides, etc. La mort d’Archimède qu’il peint pour le Salon de 1876 lui fut inspirée par un poème de son ami Grandmougin, dont quelques vers étaient cités en complément du titre dans le livret. De cette époque doit dater le projet de composition représentant la mort de Sénèque, telle qu’elle fut racontée par Tacite dans Les Annales. L’histoire de la longue agonie du philosophe offrait à l’artiste un sujet d’œuvre approprié à ses ambitions du moment. Courtois s’éloigne cependant des représentations traditionnelles montrant le vieil homme entouré de son épouse, de ses émules et de soldats à la solde de son ancien élève, l’empereur Néron qui avait ordonné sa mort. Ici, le corps de Sénèque est abandonné au bord d’un bassin, le visage et le torse recouverts d’un drap ensanglanté. Sa femme, Pompeia Paulina qui avait souhaité le suivre dans la mort, se tient au loin éplorée, retenue par un garde romain venu lui imposer sa grâce.

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