Gustave COURTOIS (1852-1923)

Ulysse vainqueur d’Irus,vers 1873-1875
Huile sur toile marouflée sur carton
26 × 21,7 cm
Lors de la dispersion d’une partie du fonds d’atelier de Gustave Courtois en 2009, apparaissait au catalogue une œuvre titrée Ulysse, sans plus de précision, et datée « 1873 ». Le tempérament provocateur et outrancier du jeune artiste transparaît dans une autre composition illustrant les aventures du héros grec. Inspiré d’un épisode du chant XVIII, rarement abordé par les peintres, Ulysse, de retour à Ithaque, se déguise en vagabond pour ne pas être reconnu. Sa femme Pénélope, la reine, refuse d’entrer en deuil et veut croire à la survie de son époux malgré les sollicitations de nombreux prétendants. Ses derniers, en attendant l’annonce officielle de la mort du roi, tiennent le siège et festoient au cours d’interminables banquets. Ulysse se présentant à eux incognito croise le chemin d’Arnée, surnommé Irus, un véritable mendiant qui contrarié par sa présence le provoque en duel pour le plus grand bonheur des convives. Après avoir reçu un premier coup, le héros prend le dessus et frappe son agresseur derrière l’oreille, lui brisant les os et faisant jaillir un sang noir par sa bouche. Ulysse traîne alors le vaincu par les pieds, hors du palais, et le place contre un mur de la cour en lui disant : « Reste là pour écarter les chiens et les porcs, et ne prétends plus être le roi des étrangers et des pauvres. » Courtois en illustrant ce dernier instant du combat peut user à l’excès des effets sanguinolents qu’il affectionne.
