Jean-Paul TILLAC, dit Pablo TILLAC (1880-1969)

Portrait présumé de Julio Gonzalez Pumariega (1880-…), 1913
Pierre noire, sanguine et craie blanche sur papier
20 × 12 cm 
Localisé et daté en haut à droite madrid/-1913 –
Légendé et daté en bas de la feuille de pumariega/Pumariega 1913
Provenance : collection de l’artiste ; par succession

Jean-Paul Tillac est né à Angoulême le 14 avril 1880. Fils d’enseignant, il déménage pendant l’enfance, au gré des affectations de son père, à Clermont-Ferrand, Bordeaux, Montluçon puis à Niort où il obtient son baccalauréat à l’âge de dix-sept ans. Grâce à une bourse d’études, le jeune homme peut s’inscrire à l’École des beaux-arts de Paris. Élève des peintres Jean-Léon Gérôme et Fernand Cormon, Tillac se forme également à la gravure et à la sculpture auprès d’Oscar Roty. À l’âge de vingt-trois ans, il quitte l’école et entreprend de nombreux voyages à travers le monde. Traversant l’Atlantique, il découvre les États-Unis : débarque à New York où il reste dix-huit mois, visite la Louisiane et La Nouvelle-Orléans puis accepte un poste de professeur de dessin à College Station, une ville du Texas. Après un peu plus de cinq années passées sur le continent américain, Tillac décide de regagner l’Europe. Sur le trajet du retour, il fait une halte sur l’île de Cuba et atteint les côtes anglaises en 1909 avant de revenir en France. 

Ne tenant pas en place, Jean-Paul Tillac qui vient d’avoir trente ans se rend en Espagne. Contournant les Pyrénées par l’est, il découvre Barcelone. Dans la capitale catalane, il profite des terrasses pour dessiner les passants en costumes populaires et les scènes de rues animées. Il réside alors au cœur de la ville, sur la Ronda de la Universidat, dans le quartier étudiant jusqu’en 1912. C’est au cours de ce voyage que l’artiste choisit de changer de prénom pour signer désormais Pablo Tillac. En 1913, il est à Madrid comme en atteste un beau portrait de sa main, localisé et daté. Tracé au fusain et à la sanguine sur une page de carnet, l’œuvre représente un élégant jeune homme aux airs proustiens. Le col fermé par un nœud papillon rouge, le modèle porte une fine moustache et baisse la tête, le regard plongé dans un livre. Au-dessus de son épaule gauche, la tête d’un second personnage se dégage avec difficulté du fond saturé en noir. Le cadrage resserré suggère la proximité des deux hommes qui partagent une étroite table de café. En bas, Tillac a pris soin de noter deux fois le nom du modèle d’abord en cursive puis en capitale : « De Pumariega ».Il pourrait s’agir du poète Julio Gonzalez Pumariega, connu à cette date pour ses activités de chroniqueur sportif, représenté à l’âge de trente-trois ans. Passionné de tauromachie, Pumariega écrit de nombreux articles sur le sujet, mais est également l’auteur de plusieurs romans et de pièces de théâtre. 

Lorsque la guerre avec l’Allemagne éclate en 1914, Pablo Tillac doit rentrer en France. Exempté, il ne prend pas part aux combats. L’armistice signé, il retourne à Madrid où il est admis comme pensionnaire de la Casa de Velázquez en 1920. L’année suivante, il s’installe définitivement à Cambo-les-Bains, ville située dans les terres au nord-est du Pays basque. Fasciné par la culture spécifique de la région, Tillac s’en inspire pour ses œuvres et publie des articles à caractère ethnographique. Les villes de Bayonne et de Cambo-les-Bains ont consacré plusieurs expositions à ce peintre, chercheur et illustrateur fécond, basque d’adoption.

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