Georges Jules Victor CLAIRIN (1843-1919)

Vendu

Cèdre mort dans la forêt de Theniet el Had, Algérie, vers 1908-1911
Aquarelle et gouache sur papier contrecollé sur carton
52,5 × 73,2 cm
Signé en bas à gauche G. Clairin
Au dos du carton plusieurs cachets de la maison Mary [1890-1914] Geo mary/26 rue Chaptal, Paris 
Au dos de l’encadrement d’origine une étiquette Envoi de Hardy-Alan Monsieur G. Clairin Alger 1911 no 1 une aquarelle

Vendu

Georges Clairin entre à l’École des beaux-arts de Paris en 1861. Dans les ateliers de François Édouard Picot et Isidore Pils il se lie d’amitié avec un autre étudiant : Henri Regnault. Après avoir fait ses débuts au Salon de 1866, Clairin accompagne son ami en Espagne puis au Maroc où ils arrivent en 1869. Mobilisés en 1870, les deux jeunes artistes doivent rentrer en France pour participer à la guerre contre la Prusse. Le 19 janvier 1871, moins de dix jours avant la signature de l’armistice, Regnault meurt au champ de bataille à Buzenval. Esseulé, Georges Clairin poursuit néanmoins sa carrière et devient un peintre orientaliste recherché. Insatiable voyageur, il retourne rapidement au Maroc puis découvre l’Algérie et visite l’Égypte en 1895, où il séjourne à Karnak avec Camille Saint-Saëns. Les paysages qu’il dessine ou peint à l’aquarelle in situ au cours de ses nombreux périples lui servent de modèles en atelier pour des œuvres orientalistes aux prétextes historiques. 

Au cours de son séjour à Alger, l’artiste découvre au sud-ouest de la capitale la forêt de Theniet el Had, dans le massif de Ouarsenis, près de Miliana. Cette forêt, célèbre pour ses cèdres de l’Atlas plusieurs fois centenaires, fascine les visiteurs autant que les habitants de la région. Les arbres les plus grands, dont les troncs pouvaient dépasser neuf mètres de diamètre, souvent associés à des légendes, portent des noms tels « La Sultane » ou « Messaoud ». Clairin noircit ses carnets de croquis représentant ces géants sylvestres et de retour à Paris réalise plusieurs œuvres peintes ou dessinées sur ce thème. Lors du Salon de 1908, l’artiste expose une immense toile titrée Les Révoltés dans la forêt de Teniet el Haal [sic]. L’œuvre évoque l’insurrection des populations autochtones contre l’occupation française entre 1843 et 1856. Durant cette période, l’armée française ciblant la forêt à l’artillerie lourde fit tomber plusieurs de ces arbres majestueux. Sur une aquarelle de grandes dimensions, Clairin nous montre l’un de ces cèdres monumentaux, allongé sur le sol et occupant tout l’espace de la page. Après avoir vu la souche de bois rougi au premier plan, le regard suit le chemin tracé par l’écorce pour atteindre la ramure et les branches qui se déploient tels des éclairs menaçants. Sur la gauche, Clairin intègre plusieurs petites figures de soldats en costumes traditionnels, donnant, par ce détail, un contexte historique à la scène. 

Après la mort de l’artiste, la galerie Georges Petit à Paris organise deux ventes en février 1920 pour disperser le contenu de son atelier. Dans le catalogue de la première apparaît sous le numéro 147 une aquarelle intitulée « L’Arbre abattu; forêt de Teniet-el-Had » dont les dimensions (35 × 69 cm) sont inférieures à celles de l’œuvre présentée ici. Le Cèdre mort évoqué ici, du fait de son degré d’achèvement et de sa taille, peut en outre difficilement avoir fait partie du lot numéro 143 de la deuxième vente, décrit comme « douze études de cèdres morts ; forêt de Teniet-el-Had, aquarelles et pastels. »

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