André DEVAMBEZ (1867-1944)

Vendu

Une charge sous le Directoire, vers 1900
Encre, aquarelle et gouache sur papier
53 × 29,7 cm
Signé en bas à gauche André/Devambez
Sur le montage d’encadrement une ancienne étiquette exposition de [vide]/no 424/M Devambez/Dessin et deux autres étiquettes 767 et 17001
Sur l’encadrement d’origine, étiquette HC [hors concours]

Vendu

Fils d’un graveur et imprimeur parisien réputé, André Devambez s’intéresse très tôt au travail de son père et l’assiste dans son atelier situé au cinquième étage d’un immeuble donnant sur le boulevard Montmartre. Depuis les fenêtres dominant la rue, André peut observer la foule bouillonnante et travailleuse de Paris qui l’inspirera durablement. Fermement décidé à devenir artiste, Devambez se forme à l’École des beaux-arts puis à l’Académie Julian. Ses maîtres sont alors Gabriel Guay, Jules Lefebvre et Benjamin-Constant. En 1890, il remporte le grand prix de Rome et part pour quatre années à la Villa Médicis. Dès son retour à Paris, il contribue à plusieurs journaux tels que Le Rire ou L’Illustration. Les thèmes religieux des premières œuvres qu’il expose au Salon en 1897 et 1898 laissent la place dès le début du siècle nouveau à des sujets dont les titres reflètent souvent l’idée d’agitation urbaine comme La Panique présentée au Salon de 1901. Ce thème est abordé de nouveau l’année suivante avec La Charge, qui représente en vue plongeante des agents de police chargeant une foule amassée, en pleine nuit, boulevard Montmartre. 

En 1902, André Devambez expose trois œuvres au salon de Mulhouse : Une manifestation, un Défilé du théâtre de Victor Hugo, aquarelle publiée dans le journal Le Rire, et Une bagarre sous le Directoire. Précisée au livret comme étant une aquarelle, le contexte historique de cette « bagarre » peut être rapproché du sujet d’un grand dessin en hauteur réalisé par l’artiste à la même époque. Cette œuvre qui mélange encre, aquarelle et gouache représente des cavaliers en uniformes de la fin du XVIIIe siècle chargeant la foule, sabre à la main, dans une rue de Paris. La scène, d’une rare violence, se déroule sur une petite place au pied d’un échafaudage. Au premier plan sur la droite, une femme bousculée tente de protéger sa charrette remplie de choux, tandis qu’une jeune fille vêtue de rouge se blottit sur le sol. Une esquisse pour cette composition est passée en vente en 2016 sous le titre Joute. Cette aquarelle ne peut qu’entrer en résonance avec La Charge exposée en 1902, les deux œuvres présentant des sujets comparables – une répression violente du peuple de Paris par la police – mais à un siècle d’intervalle. Spectateur d’une époque tourmentée durant laquelle l’affaire Dreyfus et les luttes ouvrières libèrent la voix du peuple en divisant le pays, Devambez participe à la mise en lumière de la répression étatique des manifestations populaires.

Sa renommée grandissant, l’artiste reçoit ses premières commandes officielles. Ses toiles et ses dessins, de tous formats, sont influencés par les innovations de son temps telles que la photographie, le cinéma et les débuts de l’aviation. Ses cadrages alternativement resserrés ou en vues plongeantes confèrent à ses compositions une grande modernité. André Devambez enseigne le dessin à l’Académie Julian puis à l’École des beaux-arts et devient membre de l’Institut en 1930. Son œuvre la plus célèbre, La Charge, est aujourd’hui conservée au musée d’Orsay.

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