Alexandre CABANEL (1823-1889)

Vendu

Étude pour la figure d’Adam dans Le Paradis perdu, vers 1863
Sanguine sur papier
34,7 × 24,3 cm
Signé en bas au centre Alex Cabanel
Œuvre en rapport : Alexandre Cabanel, Le Paradis perdu, 1867, huile sur toile, détruite à Munich pendant la Seconde Guerre mondiale

Vendu

Originaire de Montpellier, Alexandre Cabanel est l’un des artistes les plus célèbres du Second Empire. Élève de François Édouard Picot à l’École des beaux-arts, il obtient le second prix de Rome en 1845 et devient pensionnaire à la Villa Médicis. Dès son retour à Paris, l’artiste poursuit une carrière académique sans faute et reçoit de nombreuses commandes pour des décors publics et privés. Peintre de genre et portraitiste mondain à succès, il produit des œuvres aux sujets abordant des thèmes historiques, mythologiques et bibliques pour chacune de ses participations au Salon. Cabanel connaît la consécration avec La Naissance de Vénus exposée en 1863 et immédiatement achetée par Napoléon III pour sa collection personnelle. 

Peu de temps avant ce succès, l’artiste qui n’a pas encore quarante ans est approché par Leo von Klenze, architecte en chef et conseiller artistique du roi Maximilien II de Bavière. Cabanel reçoit la commande d’un tableau de grand format vertical destiné à la galerie historique du Maximilianeum, immense palais consacré aux arts et dont la construction a débuté à Munich en 1857. Le thème choisi pour cette toile est un passage de la Genèse, même si son titre de Paradis perdu est emprunté à celui du célèbre poème de John Milton. L’œuvre doit représenter le moment où Dieu chasse Adam et Ève du paradis. Porté dans les airs par trois anges, le Créateur y désigne le couple originel qui se cache honteusement au pied de l’arbre de la connaissance. Plus bas sur la gauche, Satan, fier de ses méfaits, s’apprête à quitter la scène. Durant cinq années, Cabanel produit un grand nombre d’études et d’esquisses pour fixer sa composition. Celles-ci permettent de voir l’évolution des figures et en particulier celle d’Adam. Un dessin à la sanguine montre le modèle masculin du premier homme, le torse tourné vers la gauche et la tête baissée soutenue par la main droite. Le trait fort qui esquisse rapidement la figure s’allège en arrière-plan pour évoquer les contours de l’arbre. Le musée Fabre à Montpellier conserve une étude peinte de cet état précoce de la composition dans le processus créatif. Dans l’œuvre définitive, exposée au Salon de 1867, Adam replié sur lui-même se tient face à nous, le bras gauche couvrant sa poitrine. 

Mort en 1864, Maximilien II ne verra jamais le tableau qui est réceptionné à Munich par son fils Louis II qui lui succède sur le trône de Bavière. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, lors des bombardements alliés, le tableau est détruit en même temps que le Maximilianeumoù il était exposé. Les nombreuses études, variations et répétitions produites par Cabanel conservent heureusement le souvenir de l’œuvre disparue. En 2017, le musée d’Orsay a fait l’acquisition d’une redite autographe de grand format. Cette version fidèle à l’original, conservée par l’artiste dans son atelier jusqu’à sa mort, témoigne de l’importance du Paradis perdu pour son auteur.

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