Hugues MARTIN (1809-1896)

Le Royaume des fleurs, Olympe fantastique, vers 1854
Projet de décor de l’acte I, tableau 3 pour La Fonti [ballet-pantomime inauguré à Paris au Théâtre de l’Opéra-Le Peletier le 8 janvier 1855]
Aquarelle, gouache, crayon et rehaut d’or sur papier
48,4 × 63,5 cm
Signé en bas à droite h Martin
Titré et légendé dans la marge droite La Fonti/sous l’adminis/–tration de Mr/Cronier
Vendu
Né en 1809, Hugues Martin débute sa formation artistique auprès du peintre nîmois Xavier Sigalon et participe au Salon pour la première fois en 1845 avec son tableau Callot enfant dessinant au milieu d’une troupe de comédiens. L’année suivante il entame une carrière de décorateur en travaillant à l’Opéra sur le ballet L’Âme en peine, aux côtés de Ciceri, Thierry et Rubé, puis est employé au théâtre du Cirque-Olympique pour concevoir les décors des pièces Le Cheval du diable et Henri IV. Certaines références mentionnent un long séjour en Inde qui pourrait expliquer son absence des salons et des ateliers de décors en 1847 et 1848. Par la suite, il se charge de créer plusieurs décors pour le théâtre de l’Opéra-Comique en 1849 avant de devenir l’un des collaborateurs habituels de l’Opéra de Paris à partir de 1853. Remarqué par Théophile Gautier, son style mêle influences orientales et références à l’Antiquité dans des espaces à la végétation luxuriante souvent parsemée de sculptures.
En 1854, l’Opéra programme pour le mois de janvier de l’année suivante, un ballet-pantomime en deux actes et six tableaux dont le titre sera La Fonti. La musique composée par Théodore Labarre doit accompagner le livret et les chorégraphies de Joseph Mazilier. L’histoire qui se déroule au XVIIIe siècle est celle d’Amalia Fonti, une célèbre danseuse florentine qui se produisait sur la scène de la Pergola. La belle et talentueuse jeune femme est courtisée par deux hommes aux profils contrastés : un comte fortuné et un jeune danseur, Carlino, n’ayant que sa passion à offrir. Une fois le contexte établi, l’auteur insère une partie allégorique durant laquelle Amalia costumée en Flore, danse dans un jardin avec Carlino dans le rôle de Zéphyr. Au tableau suivant, tout se complique : Amalia, emprisonnée sur ordre du père du comte amoureux, s’échappe habillée en homme avec l’aide du beau danseur. Après avoir empêché le mariage du comte, elle termine ses jours, folle, en dansant dans les rues de Rome. Enfin, le rideau tombe sur le corps d’Amalia inanimée.
Si Charles Cambon et Joseph Thierry sont en charge du deuxième acte, Hugues Martin se voit confier la conception des décors du premier. Le troisième et dernier tableau qu’il dessine doit représenter Le Royaume des fleurs, Olympe fantastique dans lequel Flore et Zéphyr vont danser. L’artiste imagine un jardin, au milieu d’un palais inspiré par l’architecture indienne. La grande aquarelle, préparatoire à ce décor, est saturée par les plantes et les fleurs qui envahissent et couvrent murs et colonnes de pierre. À l’arrière-plan, une fontaine à cinq vasques surmontées d’un jet d’eau ajoute à l’opulence des lieux. La bibliothèque-musée de l’Opéra conserve une esquisse au crayon pour la partie droite de cette composition qui, bien qu’attribuée à Charles Cambon, serait plus probablement de la main d’Hugues Martin.
