Romain CAZES (1808-1881)

Vendu


Marie Madeleine au tombeau, vers 1850-1851
Pierre noire et rehauts de craie blanche sur papier 
43 × 30,3 cm
Signé en bas à droite romain cazes
Au revers de la feuille Fuite en Égypte, étude préparatoire à la composition réalisée pour la chapelle de la Vierge, église de Saint-Mamet, vers 1850-1851 ; au dos de l’encadrement d’origine une étiquette 253
Provenance : ancienne collection Schaefer frères
Exposition et publication : Exposition des peintures et dessins de Romain Cazes, 1808-1881, Paris, impr. de G. Maurin, 1904, no 214 : « Sainte Madeleine (1881)./“Madeleine est restée seule, seule des saintes femmes, seule des apôtres, seule de tous, avec ce tombeau vide et tant aimé.” (Sainte Marie-Madeleine. R. P. Lacordaire, chap. V, p. 130.). – crayon./Édité par Schaeffer [sic] frères (est leur propriété). »

Vendu

Né en 1808 à Saint-Béat, petite ville au pied des Pyrénées, Romain Cazes entame sa formation artistique à l’école des beaux-arts de Toulouse auprès de Joseph Roques avant de rejoindre l’atelier d’Ingres à Paris en 1829. Après le départ de son maître pour Rome, Cazes fait ses débuts au Salon de 1835 en exposant deux portraits et envoie la même année deux toiles au salon de Toulouse. Comme la plupart de ses anciens compagnons d’atelier, il participe à plusieurs des nouveaux chantiers de la capitale en peignant des œuvres religieuses pour les églises de la Sainte-Trinité ou de Notre-Dame-de-Clignancourt. Fidèle aux enseignements d’Ingres, l’artiste adopte un style fortement inspiré par les artistes de la première Renaissance. Touché par le choléra en 1848, Romain Cazes quitte Paris pour une longue convalescence dans son sud-ouest natal. Soigné aux thermes de Bagnères-de-Luchon, il assiste à la construction de la nouvelle église Notre-Dame-de-l’Assomption et accepte d’en décorer l’intérieur avec un ensemble de peintures murales. 

À la même époque, André Carrère, prêtre du village limitrophe de Saint-Mamet, sollicite le peintre pour décorer la petite église de la commune dont la rénovation vient de se terminer. Romain Cazes, assisté de son élève Bertrand Bernard, conçoit plusieurs compositions, dont une Fuite en Égypte pour la chapelle de la Vierge achevée en 1851. Une étude esquissée pour cette peinture vient d’être retrouvée au revers d’un dessin bien plus ambitieux. Cette œuvre représentant Marie Madeleine au tombeau ne semble pas être préparatoire à une toile d’envergure identifiée. Lors de l’exposition posthume consacrée à Cazes en 1904, le livret mentionne quatre dessins liés à la vie de Marie Madeleine. Ils sont alors présentés sous les numéros 111, 112, 113 et 114. Le dernier d’entre eux, illustrant la sainte au tombeau, est accompagné d’une citation du père Lacordaire, célèbre prédicateur et ami de l’artiste, prise dans son Sainte Marie-Madeleine publié en 1860 : « Madeleine est restée seule, seule des saintes femmes, seule des apôtres, seule de tous, avec ce tombeau vide et tant aimé. » L’œuvre, réalisée à la pierre noire relevée de craie blanche, représente Marie Madeleine debout, les mains jointes, à l’entrée du tombeau du Christ. Au loin, le paysage s’ouvre vers le Golgotha dominé par les croix du supplice. 

Le livret précise également que ce dessin, comme les trois autres, fut édité par les frères Schaefer, propriétaires de l’œuvre en 1904. Ces derniers, imprimeurs spécialisés dans l’édition d’images pieuses, avaient probablement acquis cette série en vue de son impression. Lors de l’exposition, les quatre dessins sont associés à la date de 1881, année de la mort du peintre. Il est cependant plus probable qu’ils aient été conçus vers 1850, au même moment que la Fuite en Égypte de Saint-Mamet, peut-être pour l’église Marie-Madeleine d’Albi dans laquelle Cazes réalise une immense apothéose de la sainte au-dessus de l’autel.

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