Antoine Claude PONTHUS-CINIER (1812-1885)

Ruines du temple de Saturne et de celui des Dioscures dans le Forum, vers 1842-1844
Aquarelle, encre et crayon sur papier
25,7 × 38,4 cm
Légendé en bas temple mars/Temple de Jupitere et sur la droite capitole
En bas à droite, cachet de la signature de l’artiste (L.6013)
« Le Forum est placé entre le Capitole et l’arc de Septime Sévère.
Des fenêtres du Capitole on contemple tout le Forum, les temples de la Fortune et de la Concorde, les deux colonnes du temple de Jupiter Stator, les Rostres, le temple de Faustine, le temple du Soleil, le temple de la Paix, les ruines du palais de Néron, les ruines du Colisée, l’arc de triomphe de Titus…. vaste cimetière de siècles, avec leurs monuments funèbres, portant la date de leur décès. »
Jules Janin, L’Univers, ou les 300 vues les plus pittoresques du globe, Paris, Institut bibliographique, 1838, p. 2
Depuis l’Antiquité, la ville de Rome est en constante transformation et au XIXe siècle, le Forum reste un lieu de fouille archéologique incessant parcouru par les vaches qui lui donnent son surnom de Campo Vaccino (le pré aux vaches). En 1842, le peintre Antoine Claude Ponthus-Cinier, malheureux second prix au concours de paysage historique l’année précédente, vient d’arriver à Rome et peut découvrir le site. Excellent aquarelliste, il choisit de se placer devant l’arc de Septime Sévère face aux restes du temple des Dioscures et de celui de Saturne. De larges rampes de briques traversent l’espace en reliant la ville aux campagnes ; à l’arrière-plan, les hautes façades de bâtisses toujours occupées ferment la vue. L’endroit ne cesse d’attirer les peintres depuis le début du XVIIe siècle, tel Claude Gellée dit le Lorrain, pour devenir un motif incontournable à la faveur du Grand Tour à partir du milieu du XVIIIe siècle.
Aucune des toiles exposées par Ponthus-Cinier au Salon, après son retour d’Italie, n’indique par son titre représenter le Forum romain. Cependant, une aquarelle conservée à la fondation Custodia atteste de son intérêt répété pour le Campo Vaccino. L’artiste y représente les restes de l’architecture monumentale du temple de Vénus et de Rome. La technique est, dans les deux cas, très similaire, le peintre usant de teintes ocre largement diluées qu’il fait résonner par contraste de complémentaire avec un léger halo bleu dans le ciel.
À la mort de l’artiste en 1885, une vente de ses collections et de son fonds d’atelier est organisée à Lyon du 23 au 28 mars. Parmi les cinq cent vingt-deux numéros de cette vacation, les deux cent soixante et un premiers sont ses œuvres, tableaux, études, dessins et gravures. L’aquarelle représentant les ruines des temples de Saturne et des Dioscures, portant le cachet de la signature apposé à l’occasion de cette vente, doit être l’une des vingt-six vues d’Italie qui composaient le lot numéro 86. La ville de Lyon a reçu en legs direct de l’artiste un volume contenant des croquis faits d’après nature en 1844, titré Voyage en Italie.
