Camille Louise CHENOU, née LEVESQUE (1795-1862)

Dans l’atelier de Bernard Gaillot (1780-1847), vers 1820
Lavis d’encre et crayon sur papier
18 × 20,5 cm
Annoté en haut à droite Cecile et au revers p.proutÉ/2027/7 avril 1945
Légendé en marge du montage par mme chenou, née Camille Levesque et annoté au dos de l’ancien montage lavis d’encre de Chine,/vers 1820-1825/par Camille levesque/Dame chenou./p.proutÉ/2.027/7 avril 1945
Provenance : galerie Paul Prouté, Paris ; collection particulière

Camille Louise Levesque naît à Paris le 15 juillet 1795 d’un père travaillant au ministère de la Guerre et d’Anne Louise, née Gaillot, sœur du peintre Bernard Gaillot. Initiée au dessin dès son plus jeune âge par son oncle, ancien élève de Jacques Louis David, elle entame véritablement sa formation en rejoignant, une fois adulte, son atelier ouvert aux femmes. Là, accompagnée de sa sœur Cécile, elle fait la connaissance d’une autre jeune artiste, Félicie de Fauveau. À cette époque, autour de 1815, Bernard Gaillot réalise un très beau portrait des deux sœurs Levesque sur fond de paysage. Camille, à gauche, et Cécile, à droite, prennent la pose, vêtues de belles robes dans le goût de l’antique encore à la mode sous l’Empire finissant. À l’arrière-plan, en guise de décor, l’artiste insère l’aqueduc de Louveciennes pour évoquer une région dans laquelle la famille a des attaches. Mariée en 1816 avec Jean Baptiste Parfait Chenou, employé au ministère de la Marine, Camille abandonne son nom de jeune fille pour se faire appeler désormais Madame Chenou. 

Lors des séances de travail en atelier, Camille aime dessiner ses condisciples. Ses nombreux dessins, le plus souvent réalisés au lavis d’encre, témoignent de l’ambiance détendue et amicale dans l’atelier de Gaillot. Plusieurs de ses croquis représentent Félicie de Fauveau, la célèbre sculptrice encore jeune femme, prenant des poses variées dans une longue robe noire, coiffée d’un béret ou travaillant. Sur une autre de ces feuilles, Camille nous montre trois modèles différents, organisés dans la page en trois instantanés séparés. En haut à gauche, un enfant assis sur un banc, esquissé au crayon, manipule entre ses mains un objet que rien ne précise. Plus bas, un jeune homme se tient debout, les mains appuyées sur un entablement. Le regard noir et le front grisé, il regarde vers le lointain. La partie droite est largement occupée par une jeune femme assise palette à la main face à son chevalet. Une mention au crayon précise l’identité du modèle : Cécile. Reconnaissable à sa grande taille, ses épaules larges et sa chevelure sombre et bouclée, la sœur de Camille est ici telle que Bernard Gaillot l’avait déjà représentée dans son double portrait. 

À partir du début des années 1820, la vie de Camille Chenou est partagée entre Paris et sa maison familiale de Louveciennes. Poursuivant sa carrière artistique, elle offre à l’église de cette ville une grande toile de sa main représentant saint Martin, toujours en place aujourd’hui. Entre 1834 et 1844, elle participe annuellement au Salon en exposant exclusivement des aquarelles de fleurs. L’aînée de ses quatre enfants, prénommée comme elle Camille, épousera plus tard le peintre Anne Louis Félix Hullin de Boischevalier. Madame Chenou, veuve depuis 1853, termine sa vie dans sa propriété de Valenciennes où elle décède à l’âge de soixante-sept ans.

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