Jean Pierre GRANGER (1779-1840)

Portrait d’Adélaïde Palmyre Delarue Caron de Beaumarchais (1797-1835) à la manière d’un buste sculpté, vers 1815
Pierre noire sur papier
21,6 × 16 cm
Annoté au dos du montage Melle Palmyre Delarue/Par Granger et une autre annotation Melle Palmyre Delarue de Beaumarchais/épousa M. Jean Eugène Poncet/dont elle aura un fils (sans postérité)/et une fille qui devint Mme Rouilleaux Dugage
Vendu
Fils d’un vitrier parisien, Jean Pierre Granger s’initie très jeune à la peinture et au dessin auprès d’Angélique Briceau et de son mari le graveur Louis Jean Allais. À seize ans, fort de cette première formation, le jeune homme entre à l’École des beaux-arts. Il y suit l’enseignement de Jean-Baptiste Regnault avec lequel, durant quatre années, il apprend les bases du métier de peintre, puis quitte ce maître pour rejoindre l’atelier de Jacques Louis David en 1799. Ce dernier a su attirer autour de lui un grand nombre d’élèves aux profils très divers ; parmi eux, un jeune Montalbanais, Jean Auguste Dominique Ingres, avec lequel Granger va se lier d’une amitié durable. Les deux hommes remportent successivement le grand prix de l’École : Granger en 1800, puis Ingres l’année suivante. La situation économique et politique de la France retarde cependant leur départ pour l’Italie jusqu’en 1806. Arrivés à Rome à quelques mois d’écart, Ingres et Granger, qui résident à la Villa Médicis, restent très proches.
De retour en France en 1813, après un séjour de presque sept années en Italie, Jean Pierre Granger peut enfin profiter de son statut d’ancien lauréat du grand prix de peinture et reçoit ses premières commandes. Récompensé dès 1812 pour l’un de ses envois, l’artiste participe régulièrement au Salon les années suivantes. Probablement réalisé vers 1815, un dessin très abouti témoigne de ses qualités graphiques et de son intégration dans la bonne société parisienne. De petit format, l’œuvre tracée à la pierre noire représente un buste de jeune femme sculpté dans le goût de l’antique. Une mention au dos de l’encadrement d’origine permet de connaître l’identité du modèle. Il s’agit d’Adélaïde Palmyre Delarue Caron de Beaumarchais, fille d’André Toussaint Delarue, ancien aide de camp du général Lafayette et d’Amélie Eugénie Caron de Beaumarchais, fille du célèbre auteur du Barbier de Séville et du Mariage de Figaro. Granger choisit de présenter la jeune femme non pas sous la forme d’un portrait traditionnel, mais tel un buste en trompe-l’œil à la manière des sculptures de Lorenzo Bartolini, artiste italien que le peintre a pu fréquenter en Italie. Possible objet de commande, ce dessin pourrait être également un cadeau fait par le peintre à l’occasion du mariage de Palmyre avec Jean Jacques Eugène Poncet, un militaire du cercle de Lafayette, le 12 avril 1815.
Granger, dont certaines œuvres sont visibles dans des églises parisiennes, telle son Adoration des Mages, à Notre-Dame-de-Lorette, nommera sa fille, née en 1819, Palmyre comme le modèle de son dessin. Le peintre, mort en 1840, ne peut assister au mariage de celle-ci avec le romancier et dramaturge Paul Meurice en 1843. Son ami Ingres fut l’un des témoins de l’événement et fit son portrait dessiné, aujourd’hui conservé à la maison Victor Hugo à Paris.
