Claude BONNEFOND (1796-1860)

Autoportrait présumé, vers 1812
Pierre noire sur papier
46,7 × 34 cm
Mention postérieure au centre vers la gauche 1829
Provenance : famille Lacuria, Lyon
Fils de boulanger, Claude Bonnefond naît à Lyon en 1796. Très tôt orphelin de père, il est élevé par sa mère et son second mari également boulanger. Après avoir grandi au milieu des sacs de farine, le jeune garçon entre en 1808 à l’école des beaux-arts installée au palais Saint-Pierre de Lyon. Alors qu’il n’a que douze ans, Bonnefond commence sa formation auprès de Pierre Révoil et montre un talent précoce pour le portrait qui lui vaut d’être récompensé dès l’année suivante par un prix en classe de figure. À cette époque, il dessine ses camarades d’école et fait ses premiers autoportraits. Sur une peinture datée de 1812, le jeune artiste âgé de seize ans se représente en buste de trois quarts affublé d’un costume de théâtre à l’antique. La moitié du visage plongée dans l’ombre par un savant effet de clair-obscur, le modèle nous regarde. Ses cheveux bruns légèrement ondulés sont coupés court sous la nuque et relevés sur le sommet de la tête. Pour une autre toile peinte probablement à la même époque, Bonnefond prend la pose devant un miroir simplement vêtu d’une peau de mouton et tenant une croix en roseau pour évoquer la figure de saint Jean-Baptiste enfant.
Durant sa période de formation, Claude Bonnefond réalise un certain nombre de portraits tracés à la pierre noire en hachures croisées et serrées. L’un d’entre eux montre un adolescent en buste regardant vers la droite. Habillé d’une chemise à haut col fermé par un foulard et d’une veste épaisse, le modèle partage les traits de l’autoportrait en soldat romain peint par Bonnefond en 1812 : visage arrondi, pommettes rebondies, bouche pincée, nez long, petits yeux et lobes d’oreilles descendants. Ses cheveux un peu plus longs et bouclés sont eux aussi relevés sur le dessus du crâne et ornés d’un petit épi. Ce qui semble être un autoportrait inédit de l’artiste fut conservé durant près de deux siècles par la famille Lacuria dont deux des membres furent des élèves de Bonnefond.
Ses études terminées, Claude Bonnefond commence à exposer ses œuvres à Lyon en 1814, puis à Paris en 1817. Après un bref passage dans l’atelier de Pierre Narcisse Guérin, le peintre part pour l’Italie en 1824. Ce séjour de plus de six ans lui permet de faire évoluer son style vers plus de douceur et lui offre ses premiers succès publics. À son retour en 1830, la ville de Lyon lui offre la place de directeur de l’école des Beaux-Arts, suite au départ de Révoil. À ce poste, durant trente ans, Bonnefond participe à l’émergence d’une génération de jeunes talents lyonnais parmi lesquels les frères Clément et Jean-Louis Lacuria, à l’un desquels il dut offrir ce saisissant autoportrait de jeunesse.
