Victor Jean NICOLLE (1754-1826)

Vue du porche de l’église Saint-Étienne-le-Rond à Rome, 1810
Aquarelle et encre sur papier
20,4 × 31,2 cm
Signé en haut à gauche V. J Nicolle
Annoté au revers du montage Vue du Porche de l’Eglise de St Etienne le Rond./et des restes de l’aqueduc de [l’eau] Claudia à Rome/V J nicolle 1810
Né à Paris en 1754, Victor Jean Nicolle entre à l’École royale gratuite de dessin à l’âge de douze ans. Il y apprend l’architecture, la perspective et les mathématiques auprès de Nicolas Malhortie avant de remporter le grand prix de perspective en 1771. Nicolle poursuit dès lors sa formation dans l’atelier d’architecture de Louis-François Petit-Radel jusqu’en 1774. Chez ce nouveau maître, il se familiarise avec les œuvres du graveur Giovanni Battista Piranesi qui font naître en lui un profond désir de découvrir l’Italie. Sans fortune, le jeune artiste doit cependant patienter jusqu’à la fin de la décennie suivante pour entreprendre son Grand Tour. On estime, grâce à certaines mentions datées sur ses dessins, que Nicolle arrive à Rome en 1787 et demeure en Italie plus d’une dizaine d’années. Durant cette période, fort de ses études d’architecte, il se spécialise dans la réalisation minutieuse de dessins et d’aquarelles représentant les principaux sites de la Ville éternelle et de ses environs. De retour en 1799 dans un Paris au climat politique apaisé, l’artiste produit de nombreuses vues de la capitale qui rencontrent un succès immédiat auprès des collectionneurs. Après s’être marié en 1805, Nicolle décide de reprendre la route de l’Italie l’année suivante.
Au cours de ce second séjour romain, de 1806 à 1811, l’artiste s’intéresse à l’architecture atypique de l’église Santo Stefano Rotondo. Basilique mineure construite au Ve siècle, l’édifice adopte un plan central circulaire, inspiré de celui de l’église du Saint-Sépulcre à Jérusalem. Installé sous le porche, qu’il anime de quelques figures, Nicolle restitue à l’aquarelle chaque petit détail et toutes les imperfections dues au passage du temps. À travers les arcades séparées par de hautes colonnes en marbre, il laisse voir les ruines de l’aqueduc de Claude dominant le paysage. Fait surprenant, l’artiste, pour une fois, semble avoir plié la réalité à ses choix de composition en ajoutant une arcade et deux colonnes au portique. Cette curiosité, qu’aucune modification historique du bâtiment ne peut justifier, se retrouve dans une autre aquarelle (marché de l’art parisien en 2025) représentant le porche de l’église, mais cette fois depuis la cour.
Victor Jean Nicolle quitte définitivement l’Italie en 1811. De retour en France, sa production alterne entre répétitions de motifs italiens et vues parisiennes destinées à un public d’amateurs. Jusqu’à sa mort en 1826, l’artiste réalise des centaines voire même des milliers d’aquarelles et de dessins, le plus souvent de petits formats, dans un style minutieux et lumineux immédiatement reconnaissable. Ses œuvres constituent un témoignage majeur sur l’état architectural de Paris et de Rome au tournant des XVIIIe et XIXe siècles.
