Hippolyte Victor Valentin SEBRON (1801-1879)

Le Sphinx des Druides, forêt de Fontainebleau, vers 1833
Huile sur toile
27 × 42,7 cm
Signé en bas à droite H Sebron
Exposition : probablement Douai, salon de 1833 [juillet-août], no 471 : Vue
prise dans la forêt de Fontainebleau ; Valenciennes, salon de 1833 [septembre-
octobre], no 414 : Vue prise dans la forêt de Fontainebleau

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Né en Normandie en 1801, Hippolyte Sebron grandit au sein d’une famille d’artisans avant de s’installer à Paris pour étudier à l’École des beaux-arts. Sans fortune, il trouve un emploi dans les ateliers de décors de l’Opéra avant d’être remarqué par le peintre Louis Daguerre. À partir de 1827, Daguerre, inventeur avec Charles Bouton des dioramas, prend le jeune artiste sous son aile, d’abord comme élève puis en lui offrant un poste d’assistant. Après un bref voyage en Italie, Sebron expose trois peintures au Salon de 1831 tout en poursuivant sa collaboration aux dioramas. À cette époque, une nouvelle génération de peintres, parmi lesquels Corot et Caruelle d’Aligny, fréquente la forêt de Fontainebleau pour travailler en pleine nature. Sebron, qui jusque-là avait produit principalement des intérieurs d’églises, suit leurs pas et s’essaie à la peinture sur le motif.

Une toile, probablement celle exposée en 1833 au salon de Douai, puis à celui de Valenciennes, témoigne de ce travail. Peinte dans la forêt de Fontainebleau, l’œuvre prend pour sujet central un bloc de grès érodé par les siècles. Les bois regorgent de ces sculptures naturelles baptisées au fil des ans par les habitués des lieux avec des noms tous plus évocateurs. La découpe du rocher choisi par le peintre semble correspondre à la forme de celui que les promeneurs surnomment le « Sphinx des Druides ». Située dans les gorges de Franchard, au cœur de la forêt entre Barbizon et Fontainebleau, cette roche au profil de monstre légendaire est associée à des légendes locales faisant d’elle un lieu de rassemblement pour des rites anciens. Hippolyte Sebron compose un paysage ouvert sur la gauche duquel émergent, au loin entre les branches, les toitures d’ardoise du château de Fontainebleau, normalement invisibles depuis ce point.

Sebron finit par se brouiller avec Daguerre qu’il accuse injustement de s’être attribué ses propres inventions. L’artiste poursuit néanmoins sa carrière avec un succès grandissant et reçoit plusieurs commandes de l’État. Inlassable voyageur, il parcourt l’Europe de l’Angleterre à l’Espagne, puis visite le Maroc en compagnie du baron Taylor avant de traverser l’océan jusqu’aux États-Unis. Ce séjour de six années outre-Atlantique permet au peintre de découvrir le Canada, la Louisiane et New York. De retour à Paris en 1855, il expose au Salon des vues inspirées par l’Amérique dont le public apprécie l’exotisme. Âgé de soixante-neuf ans et toujours infatigable, le peintre reprend la mer en direction du Proche-Orient où il visite l’Égypte, Istanbul et la Syrie. En 1878, Sebron participe une dernière fois au Salon en exposant une vue de New York à l’aquarelle avant de s’éteindre l’année suivante dans sa propriété de Nogent-sur-Marne.

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