Charles Nicolas Raphaël DUTRONC-LAFOND, dit Charles Nicolas LAFOND (1773-1835)

Vendu

Énée sur le mont Ida, vers 1817
Huile sur papier marouflé sur toile
40 × 55,4 cm
Signé des initiales en bas à droite L.F.
Sur le châssis, un cachet en cire SD

Œuvre en rapport : Charles Nicolas Lafond, Énée sur le Mont-Ida [Salon de 1817, no 463], huile sur toile, Rouen, musée des Beaux-Arts

Charles Nicolas Lafond, dit Lafond le Jeune, débute sa formation à Paris auprès de son père, un peintre-décorateur, avant de devenir l’élève des peintres Jean Simon Berthélemy, Joseph Benoît Suvée puis Jean-Baptiste Regnault. À dix-huit ans, il prend part aux campagnes militaires de la Révolution et se distingue lors de la bataille de Jemmapes en 1792. La Terreur passée, Lafond participe pour la première fois au Salon en 1796 et reçoit des médailles lors des éditions de 1804 et 1808. Partageant sa vie entre sa carrière militaire et son métier de peintre, il est sous-lieutenant de la 3e légion de la Garde nationale de Paris lorsqu’en 1817 il travaille sur sa toile Énée sur le mont Ida dont le sujet est tiré de l’Énéide de Virgile.

Héros troyen et cousin d’Hector, Énée défend sa cité contre les attaques grecques jusqu’à la défaite. Sachant le combat définitivement perdu, il rejoint les survivants réfugiés sur le mont Ida parmi lesquels Anchise, son père, et son fils Ascagne. Décidé à guider les derniers Troyens dans leur fuite, Énée fait monter Anchise sur ses épaules et prend son fils par la main. L’esquisse sur papier, préparatoire à la toile monumentale destinée au Salon de 1817, montre Énée portant son père au centre de la composition. Complété par Ascagne, le groupe principal est entouré, à gauche et à droite, par des hommes, des femmes et des enfants dont les visages portent toutes les nuances du désespoir. À l’arrière-plan, légèrement sur la gauche, le paysage s’ouvre sur la ville de Troie en flammes. Si les corps dénudés à l’antique et la composition parfaitement triangulaire montrent encore l’attachement du peintre aux leçons néoclassiques de ses maîtres, le traitement du paysage et plus particulièrement celui des arbres semble déjà influencé par le romantisme naissant. Lors de son exposition, l’œuvre définitive mesurant 3,54 par 4,86 mètres est saluée par la critique et permet à Lafond d’obtenir une médaille d’or. Reproduit par la gravure au trait dans le Recueil de morceaux choisis parmi les ouvrages de peinture et de sculpture exposés au Louvre le 24 avril 1817, publié par Charles Paul Landon, Énée sur le mont Ida est acquis par l’État pour être déposé au musée de Rouen.

Si les œuvres de Lafond s’inspirent majoritairement de l’Antiquité, l’artiste se fait également connaître comme portraitiste et réalise en 1825 un portrait du nouveau roi Charles X. Durant toute sa carrière, il expose régulièrement au Salon et s’ouvre, au début des années 1830, sous l’influence de la vogue romantique, à de nouveaux sujets littéraires à l’image de son Paul et Virginie traversant le ruisseau. Au cours des premiers jours du mois de janvier 1835, Charles Nicolas Lafond, qui officiait comme capitaine dans la Garde nationale, fait une attaque cérébrale lors d’un exercice de tir à Courbevoie. Le peintre décède à Paris deux semaines plus tard et sera inhumé au cimetière de Montmartre.

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