William WYLD (1806-1889)

Vendu

Intérieur d’une école à Alger, 1833
Aquarelle et encre sur papier
21 × 16,5 cm
Localisé, daté et numéroté en bas à droite Alger, June 2nd 1833 no 298

Vendu

William Wyld est un artiste anglais né à Londres en 1806. Ses parents, de riches négociants, le destinent au commerce, mais Wyld n’ayant aucune disposition dans ce domaine choisit la voie diplomatique en devenant secrétaire de consulat. À la mort de son père, contraint d’intégrer l’entreprise familiale, il se rend à Épernay et devient négociant en vin de Champagne. À cette époque, il fait la connaissance de John Lewis Brown, un riche collectionneur écossais installé en France pour exploiter des vignes dans le Bordelais. Auprès de ce dernier, Wyld se prend de passion pour l’art et plus particulièrement pour l’aquarelle. Sur son temps libre, il commence à se former et reçoit à Calais les leçons du peintre Alexandre Thomas Francia, ancien assistant de l’aquarelliste John Varley à Londres. Une autre rencontre va le conforter dans sa décision de changer de carrière pour devenir peintre, celle d’Horace Vernet en 1827, artiste avec lequel il se lie d’amitié à l’occasion d’un voyage en diligence. 

En 1833, Vernet qui jouit alors d’une grande notoriété se prépare à repartir travailler en Algérie sur demande du roi. Wyld, accompagné du baron Augustin de Vialar et du peintre Émile Aubert Lessore, décide de l’y rejoindre. Durant son séjour de six mois, l’artiste reste principalement à Alger où il dessine et peint à l’aquarelle tout ce qu’il croise, paysages, maisons et habitants. Les nombreuses vues qu’il rapportera de son voyage montrent un goût prononcé pour un principe de composition particulier. S’arrêtant dans les rues serrées de la ville, Wyld choisit souvent de s’installer face aux échoppes en rez-de-chaussée pour cadrer son motif. Chacune de ces images fonctionne alors comme une ouverture au centre de la feuille vers un espace intérieur dont les contours de briques et de bois servent de cadre à la manière d’un frontispice. L’une de ces aquarelles, datée du 2 juin 1833, nous laisse voir, une fois le seuil en mallons franchi, un espace exigu couvert de tapis et aux murs divisés par deux longues étagères. Cette étude sur le motif servira une fois à Paris de modèle pour une lithographie complétée par la figure d’un vieil homme assis parlant à des enfants. Imprimée sous le titre École, l’œuvre est intégrée à la vingt-quatrième page d’un ouvrage réalisé en collaboration avec Émile Lessore et publié par Charles Motte en 1835. Ce Voyage pittoresque dans la régence d’Alger pendant l’année 1833 se présente sous la forme d’un in-folio de vingt pages de textes et cinquante planches lithographiées avec une dédicace à Horace Vernet.

Après son séjour en Afrique du Nord, Wyld se rend en Italie où il visite Rome, puis Venise, avant de s’installer durablement à Paris. Au Salon de 1839, sa toile Vue prise à Venise; effet de soleil levant est récompensée par une médaille d’or. Tout au long de sa vie, l’artiste expose ses toiles et aquarelles aux salons officiels et se souvient encore de son passage à Alger lorsqu’en 1886, trois avant sa mort, il présente deux œuvres inspirées par son voyage de 1833.

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