Sophie Clémence LACAZETTE (1774-1854)

Portrait d’un jeune cadet de la Marine, vers 1815
Pierre noire et craie blanche sur papier
22,5 × 18,5 cm
À vue : 15 cm de diamètre
Signé en bas à gauche dans la marge S+++Clce Lacazette
Vendu
Sophie Clémence Lacazette est née à Lyon le 20 septembre 1774. Fille de Pierre Lacazette établi comme maître-perruquier et de Claudine Giraud, nous ne savons rien de sa jeunesse ni du contexte de sa vocation artistique. Installée à Paris au 4 de la rue Neuve Saint-Augustin, elle se déclare comme ayant été l’élève de Jean Baptiste Regnault et de Jean Baptiste Jacques Augustin. Regnault est considéré comme l’un des premiers maîtres de Constance Marie Charpentier, l’une des plus célèbres femmes artistes du tournant des deux siècles. L’étude des œuvres de Sophie Clémence Lacazette montre cependant la prédominance de l’influence d’Augustin sur sa manière. Excellent dessinateur et portraitiste, ce dernier recevait des femmes dans son atelier, à l’image de sa future épouse, la peintre Pauline du Cruet. Mademoiselle Lacazette évolue donc dans le contexte artistique du Premier Empire, période durant laquelle les femmes artistes sont nombreuses et reconnues. Elle participe régulièrement au Salon à partir de 1808 et présente durant trente ans exclusivement des portraits, le plus souvent qualifiés de miniatures.
Inscrit dans un cercle de quinze centimètres, l’un de ses modèles nous regarde en souriant. Tracé d’un crayon noir aiguisé et relevé de craie blanche, l’adolescent de moins de quinze ans porte un costume militaire sans galons ni médailles. Sa veste sombre, ajustée et au col droit relevé, est agrémentée d’épaulettes en fil d’or tressé signe de son probable statut d’aspirant de la Marine française. Sous l’Empire et la Restauration, l’École spéciale de Marine installée à Brest recevait ses élèves dès l’âge de onze ans, mais plus généralement entre douze et quatorze ans. La formation de ces cadets durait plusieurs années avant de pouvoir devenir aspirant vers l’âge de quinze ans. Le jeune élève, dont l’identité ne nous est pas parvenue, devait être le fils d’une famille d’officiers, statut pouvant expliquer son intégration précoce puis son évolution rapide dans sa scolarité. Ses traits fins et ses grands yeux noirs trahissant la juvénilité se prêteraient plus au portrait d’un enfant jouant aux petits soldats qu’à celui d’un futur officier.
À partir de 1814, Sophie Clémence Lacazette ajoute une particule à son patronyme d’artiste lors de ses participations au Salon, quelques fois attachée et d’autres dissociée. Son nom toujours précédé de la mention « Mlle » suggère qu’elle ne s’est jamais mariée ou, du moins, jusqu’à sa dernière exposition en 1838. Après cette date, Mademoiselle Lacazette disparaît des livrets. Restée à Paris, elle y décède en 1854 à l’âge de quatre-vingts ans. Ses œuvres destinées à un public privé sont aujourd’hui conservées dans plusieurs musées tels celui de Lyon, sa ville de naissance, ou au National Museum de Stockholm en Suède.
