Pieter VAN HANSELAERE (1786-1862)

Vendu

Zéphyr poussant Aphrodite vers les rives de Chypre, vers 1820
Lavis et gouache sur papier
20 × 24 cm
Signé en bas à droite PVHanselaere/fecit

Vendu

Né à Gand le 31 juillet 1786, Pieter Van Hanselaere entre durant l’adolescence à l’Académie royale des beaux-arts de sa ville natale. Sous la direction de Pierre Van Huffel, il se forme au dessin et à la peinture. Son talent précoce lui permet de remporter différents prix et l’incite à poursuivre son apprentissage à Paris. Âgé de vingt-trois ans en 1809, il rejoint l’atelier du peintre Jacques Louis David, suivant les traces d’autres artistes belges tels que François Joseph Navez, Joseph Paelinck ou Joseph Denis Odevaere. De retour à Gand en 1812, Hanselaere y obtient lors du salon deux ans plus tard le Prix de peinture d’Histoire pour son tableau Le Sacrifice d’Abel. En récompense la ville lui octroie une pension qui lui permet de se rendre en Italie. Arrivé à Rome en 1816, il découvre la péninsule et se rend jusqu’à Naples où ses œuvres sont appréciées par les hauts dignitaires de la cour qui lui commandent des portraits. L’artiste travaille alors avec assiduité composant des œuvres aux thèmes variés. 

De cette période doit dater un dessin d’inspiration mythologique illustrant un épisode de la naissance d’Aphrodite. Hésiode, dans sa Théogonie, associe les origines de la déesse à la castration d’Ouranos dont les attributs tombés en mer auraient donné vie à la nouvelle entité. Chez lui, Aphrodite est escortée jusqu’à Chypre par Éros, le dieu de l’amour. Pour Homère, comme raconté dans son deuxième Hymne à Aphrodite, elle serait la fille de Zeus et de l’Océanide Dioné et aurait été poussée vers le rivage de l’île par Zéphyr, le dieu du vent. Ce thème iconographique a donné lieu à de très nombreuses représentations sur tous les supports et dans toutes les techniques depuis l’Antiquité. Hanselaere ne semble pas vouloir choisir entre les deux mythes et fait accompagner Aphrodite par une figure d’adolescent qui tient autant d’Éros, ailé avec un carquois, que de Zéphyr soufflant sur la voile pour la faire avancer. Son dessin réalisé à l’encre brune et à la gouache blanche sur un papier gris-bleu place la déesse au centre de la composition. Sa posture s’inspire d’une célèbre sculpture antique, la Vénus accroupie dont l’original hellénistique a été maintes fois reproduit à l’époque romaine puis largement interprété par les artistes de la Renaissance. 

En 1828, Pieter Van Hanselaere est depuis plus de dix ans en Italie lorsqu’il postule aux fonctions de professeur à l’Académie de Naples. La place étant finalement attribuée à Joseph Franque, Hanselaere décide de rentrer à Gand où il obtient le poste de premier professeur à l’Académie royale des beaux-arts en août 1829. Dès lors, il participe régulièrement aux expositions de Bruxelles, Gand et Anvers avec des succès répétés tout en recevant des commandes prestigieuses pour des églises.

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