Louis Jules ÉTEX (1810-1889)

Vue de Capri depuis Sorrente, vers 1875-1880
Aquarelle, gouache et crayon sur papier cartonné
À vue : 21 cm de diamètre
Signé en bas au centre du monogramme JE
Numéroté en bas dans la marge 11
Provenance : issu d’un album de travail de l’artiste
Jules Étex, né à Paris en 1810 deux ans après son frère Antoine, descend d’une famille de sculpteurs lyonnais. Entré à l’École des beaux-arts où il rejoint son aîné, le jeune artiste fréquente les ateliers d’Ingres et de Guillon Lethière. Si son frère Antoine, poursuivant la tradition familiale, devient sculpteur et connaît la gloire dans ce domaine, Jules Étex fait le choix de la peinture. Concurrent déçu au prix de Rome en 1829 et 1830, il fait ses débuts au Salon de 1833 en exposant des portraits et reçoit une médaille dès sa première participation. Recommandé par Ingres, Jules Étex répond à plusieurs commandes pour le château de Versailles en peignant les portraits du Connétable Henri Ier de Montmorency et du Chancelier Nicolas Brulart. Ne se limitant pas au genre du portrait, le peintre participe aux décors de plusieurs églises parisiennes et présente des sujets historiques et bibliques, à l’image de son Adam et Eve primé au Salon de 1838. Dès 1834, l’artiste commence à voyager en se rendant à Dresde, à la demande du ministère, pour réaliser une copie de la Madone Sixtine de Raphaël.
À la fin des années 1830, Jules Étex découvre l’Italie. Nous ne savons que peu de choses sur son séjour et les villes qu’il traverse, mais pouvons légitimement penser qu’il visite au moins Rome et Naples. Une aquarelle, plus tardive, semble avoir été réalisée d’après un croquis fait durant ce voyage. De forme circulaire, peinte sur une feuille de papier cartonné, l’œuvre représente une vue que l’on peut identifier comme prise depuis les côtes de Sorrente en direction de l’île de Capri. La composition, divisée en deux par l’arête des rochers tracée à l’encre brune, donne à voir dans la partie supérieure la mer, d’un bleu vif, et au loin la silhouette de l’île, en grisaille sur l’horizon. Au premier plan, suivant la courbure du cadrage, l’artiste a posé, d’un geste ample à larges coups de pinceau, de l’aquarelle aux pigments bleus et verts dilués et mêlés d’un peu de brun. Signée du monogramme « JE »en bas dans le motif, l’œuvre porte un numéro « 11 » dans la marge, sous le montage.
Durant la dernière partie de sa carrière, Jules Étex, comme de nombreux artistes, fournit des sujets à la Manufacture de porcelaine de Sèvres. Le format spécifique en tondo de cette vue de Capri ainsi que son diamètre de vingt et un centimètres sont caractéristiques des projets d’assiettes commandés par les manufactures et correspondent même précisément aux dimensions des services à dessert. La mode de l’époque étant aux séries thématiques, le plus souvent en douze pièces, le projet d’Étex devait préparer à un ensemble de vues d’Italie dont la Vue de Capri depuis Sorrente serait le onzième sujet. Malgré nos recherches, nous n’avons pu identifier aucune pièce de cette série et ne pouvons attester que ce projet aura connu un aboutissement en son temps.
