Louis BOULANGER (1806-1867)

Cortège nocturne, vers 1830
Encre et crayon sur papier
20,5 × 19,5 cm
Vendu
Louis Boulanger, que Victor Hugo appelle « mon peintre », est l’une des figures incontournables du mouvement romantique. Peintre, illustrateur, décorateur, passionné de théâtre et de musique, il nous a laissé des œuvres aujourd’hui indissociables de la vision que nous conservons de la scène artistique parisienne dans la première moitié du XIXe siècle. Né en 1806, Louis Boulanger entre à l’âge de quinze ans à l’École des beaux-arts de Paris. Inscrit dans l’atelier de Guillaume Guillon Lethière, il ne s’essaye qu’une seule fois en 1824 au concours du prix de Rome. Très tôt lié aux frères Devéria, il est au cœur de la génération romantique. La critique salue son Supplice de Mazeppa exposé au fameux Salon de 1827 qui partage les cimaises avec La Naissance d’Henri IV d’Eugène Devéria et La Mort de Sardanapale d’Eugène Delacroix. Louis Boulanger apparaît alors comme l’un des grands espoirs de la nouvelle peinture française, mais ses participations aux Salons suivants ne rencontrent plus pareil succès.
Proche de Victor Hugo et d’Alexandre Dumas, Boulanger collabore régulièrement avec eux tant comme illustrateur que pour la conception de costumes destinés à leurs pièces de théâtre. Ses deux amis qui excellent dans les genres du drame et du roman historiques influencent forcément son travail. Dumas avec sa pièce Henri III et sa cour en 1829, et Hugo avec Hernani, participent d’un goût nouveau pour la période médiévale et la Renaissance. Dans certains cas, Boulanger s’inspire de leurs textes pour créer des œuvres originales peintes ou dessinées sans que celles-ci soient publiées ultérieurement. Sur une feuille presque carrée, l’artiste évoque au lavis d’encre brune un cortège nocturne composé de nombreuses figures en costumes du XVe ou XVIe siècle. Le groupe principal guidé par un homme de petite taille descend un escalier, torches à la main. Au premier plan, le bas des marches est encadré par deux personnages, l’un tenant un flambeau et l’autre s’appuyant sur sa hallebarde. En l’absence de titre ou d’annotation, la scène ne nous donne que peu d’indices pour identifier précisément son sujet. Boulanger a produit un grand nombre d’images nocturnes éclairées au flambeau que ce soit pour illustrer Notre-Dame de Paris ou librement inspirées par des pièces d’Hugo telles Hernani, Ruy Blas, Lucrèce Borgia et Marion Delorme.
Malgré les succès éclatants de sa jeunesse, Louis Boulanger ne parvient pas à obtenir la reconnaissance et la notoriété dues à son talent. Quittant Paris, il accepte le poste de directeur de l’École impériale des beaux-arts de Dijon ainsi que celui de directeur du musée des beaux-arts de la ville, assurant cette double fonction jusqu’à sa mort en 1867.
