Jean Constantin PROTAIN, dit PROTAIN fils (1769-1837)

Vendu

Le Champ d’exécration, vers 1807
Projet de décor de l’acte III pour La Vestale [tragédie lyrique inaugurée à Paris au Théâtre de l’Opéra (salle Montansier) le 15 décembre 1807]
Gouache sur papier
29,5 × 36 cm

En cours d’acquisition

Jean Constantin Protain, dit Protain fils, naît en 1769 au sein d’une famille d’artistes. Son père Jacques Charles Protain, que l’on nomme Protain aîné, peintre de formation, fournit de nombreux décors pour les théâtres parisiens entre 1778 et 1793. Protain fils étudie l’architecture auprès de Jean-François Chalgrin puis d’Adrien Pâris. Lauréat d’un second grand prix d’architecture en 1792, il poursuit son éducation artistique en voyageant en Italie et à Constantinople avant de se joindre à l’expédition d’Égypte en 1798. Sous les ordres de Bonaparte il participe aux travaux de la Commission des sciences et des arts en réalisant de nombreux dessins dont certains seront gravés à son retour. En Égypte, Protain se trouve auprès du général Kleber le jour de son assassinat et reçoit plusieurs coups de couteau en tentant de s’interposer. De retour à Paris, il est employé à l’Opéra et sollicite à de nombreuses reprises l’administration du Consulat pour obtenir le poste de directeur-dessinateur des décors. D’abord adjoint d’Ignazio Degotti avec qui il entretient des relations tendues, Protain est promu chef d’atelier en 1805 suite au renvoi de ce dernier.

Comme directeur, Protain est chargé en 1807 de concevoir les décors pour La Vestale, un opéra en trois actes de Gaspare Spontini sur un livret d’Étienne de Jouy créé pour la salle Montansier. Le propos inspiré d’un texte de Johann Joachim Winckelmann raconte l’histoire des amours interdits de Licinius, un général romain, avec Julia, une belle vestale ayant fait vœu de chasteté. Ayant rompu ses engagements, la jeune femme condamnée à être enterrée vivante est finalement sauvée par un signe des dieux. Une gouache inédite semble correspondre au projet de décor du dernier acte conçu par Protain. La scène s’ouvre à travers des arbres sur un cimetière avec à l’arrière-plan la ville antique dominée par le Quirinal et le temple de la Fortune. Devant, au centre, le décorateur a installé le foyer embrasé sur lequel Julia fera brûler son voile. Sur une gravure de la même époque, on peut voir dans le rôle-titre l’actrice Caroline Branchu agenouillée au pied d’un foyer en tous points identique à celui du décor. Une autre gravure de Karl Friedrich Schinkel représentant le décor du troisième acte, lors de la reprise à Vienne en 1810, montre une composition modifiée, mais proche du décor original de Protain. 

Le 29 décembre 1807, soit moins de deux semaines après la création de La Vestale, Degotti est rappelé pour remplacer Protain à qui on reproche « un manque de zèle et un défaut de cette assiduité si nécessaire pour la surveillance des travaux. » De la main de Protain nous ne connaissions aucun projet de décor avéré et cette gouache pour La Vestale semble la seule à ce jour pouvant témoigner de son indéniable talent dans ce domaine. En 1810, Degotti sera à son tour remplacé par Jean-Baptiste Isabey qui laissera sa place en 1816 à Charles Ciceri. Ce dernier se chargera en 1821 de créer de nouveaux décors pour la reprise de La Vestale de Spontini sur la scène de l’Opéra rue Le Pelletier. L’un des dessins conservés de Ciceri présente une étude de détail pour l’arrière-plan du troisième acte qui reprend assez fidèlement la gouache de Protain.

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